Les cosaques

Cosaque à cheval entrain de charger

Les merveilleux exploits guerriers accomplis par le corps des Cosaques alimentent abondamment l’histoire des victoires russes du 19e siècle.

Ces hommes dont le nom dérive du mot russe Kazak, guerrier, cavalier faisaient preuves d’une exceptionnelle habileté, tant dans leur façon de monter à cheval que dans l’art de manier les armes; leurs charges de cavalerie sont notamment restées célèbres. D’où venaient donc ceux qui allaient bientôt constituer les troupes d’élite du temps des premiers Tsars.

Les origines des cosaques

Jusqu’au XV° siècle, les immenses steppes pratiquement inexplorées de la Russie méridionale, où coulaient le Dniepr et le Don, étaient surtout parcourues par des caravanes tatares. Formées de cavaliers d’origine russe, chassés par la misère, ou fugitifs, vivant constamment les armes à la main, ces caravanes assaillaient d’autres caravanes ou venaient s‘implanter parmi d’autres populations auxquelles elles se mêlaient assez fortement.

Cependant, quelques peuplades russes, qui cherchaient peut-être des lieux de chasse ou de pêche inexplorés, gagnèrent peu à peu les territoires habités par ces Cosaques tatares et manifestèrent leur intention d’occuper ces mêmes lieux! Cette sorte d’invasion progressive déplut profondément aux Cosaques tatares, qui tentèrent de s’opposer par la force aux nouveaux venus. Mais les «vagabonds » durent se résigner à la pénétration des Russes sur leurs terres, et cela jus-qu’au XVI siècle et au XVII siècle. Ainsi se forma un peuple mélangé s’adonnant à l »agriculture sur des terres mises en commun. S’occupant également d‘élevage de chevaux — ce qui leur permit de devenir d’extraordinaires cavaliers — ils ne négligèrent pas pour autant la vie pastorale, par-Courant leurs immenses prairies avec de nombreux troupeaux. Ils montraient, par ailleurs, beaucoup d’habileté pour la chasse aux animaux féroces, ainsi que pour la pêche dans les fleuves et les marais.

LES COSAQUES DEVIENNENT CITADINS

Ayant formé peu à peu un groupe important, les Cosaco-Russes commencèrent à s’organiser. Bien vite, ils abandonnèrent leur vie errante et se mirent à construire des villages, agglomérations de grossières cabanes de bois aux toits de chaume. La transformation de ce peuple nomade en peuple sédentaire réclamait une organisation tant civile que militaire. C’est alors que les Cosaques divisèrent leur territoire en trois Etats indépendants et formèrent des groupes militaires nommés « artels », Pourvus d’un chef, « l’hetman », et des communautés de métiers, les «vatagi». Les élections furent probablement instituées par étapes successives. C’est ainsi qu’il y eut par la suite un « hetman », ou «ataman» qui, élu par les paysans, devint chef suprême de tous les Cosaques d’Ukraine. Par élection, on accédait également aux autres fonctions importantes. Le parlement, nommé «kolo», était composé d’une assemblée chargée des décisions les plus importantes, le pouvoir de l’hetman ne devenant absolu qu’en cas de guerre.

SOLDATS DU TSAR

L’Etat créé par les Cosaques n’était pas réellement indépendant car, à Saint-Pétersbourg l’ancienne capitale russe, régnaient ceux qui se proclamaient les «maitres de toutes les Russies», les tsars. Cependant, le peuple des Cosaques fut le seul de la Russie à jouir d’une certaine autonomie et d’un certain bien-être sous le régime autocratique des tsars. Grâce au rare privilège qu’ils possédaient de ne payer que très peu de taxes, les Cosaques formèrent rapidement une classe riche, ce qui augmenta notablement leur puissance. C’est alors que les tsars, inquiets et pressentant la mise en péril de leur autorité se décidèrent à la guerre. Mais ils ne réussirent jamais à les soumettre complètement et furent contraints de reconnaitre leur indépendance. En échange, comme les tsars avaient eu l’occasion — à leur désavantage — d’expérimenter la valeur militaire des Cosaques, ils leur demandèrent de s’enrôler dans leurs troupes. Des conditions très honorables leur ayant été accordées, les Cosaques entrèrent donc en grand nombre dans l’armée régulière. Ainsi naquit la fameuse « cavalerie cosaque », force de police et terreur légendaire des ennemis des Russes.

Leur uniforme, très caractéristique, était composé d’une longue capote et d’un colback noir; deux grandes cartouchières s’étalaient sur la poitrine; ils étaient, bien entendu, chaussés de bottes. Leurs armes principales étaient le sabre et le poignard. La renommée des Cosaques se répandit dans l’Europe entière, et diverses armées eurent maintes fois l’occasion d’apprécier l’audace et la valeur de ces intrépides cavaliers .