Hugues Capet 941-996

Roi élu Hugues Capet

Au Xe siècle, qu’est-ce que le roi de France ? Quel est son domaine, quel est son pouvoir? L’homme qui fonde la nouvelle dynastie appelée à se maintenir plus de huit siècles s’appelle Hugues Capet.

On le nomme ainsi car il aime se vêtir d’une courte cape. C’est le fils de Hugues le Grand comte de Paris, duc des Francs.

En 956, à la suite de son père, ce jeune prince dont on ignore beaucoup de traits hérite des comtes de Paris, de Senlis, d’Orleans et de Dreux, toutes ces régions qui bientôt formeront l’Ile-de-France. Hugues Capet est également abbé laïc de Saint-Martin-de-Tour et de Saint-Germain-des-Près. Tels sont ses titres, mais quel rôle joue-t-il?

Comment Hugues Capet Est-il arrivé au pouvoir ?

En fait, Hugues est surtout à la tête de l’aristocratie du royaume occidental. Dans un premier temps, il ne fait rien pour entraver le couronnement du dernier Carolingien, au contraire, et lorsque Louis V se rend à Reims, il est derrière lui comme n’importe lequel des grands feudataires du royaume; il soutient même le roi dans sa lutte contre l’archevêque de Reims, Adalberon. Mais parallèlement, il était très lié au secrétaire de ce dernier : Gerbert.

Peut-être s’imaginait-il déjà comme un futur candidat à la Couronne et toutes ses alliances n’avaient-elles pour but que de servir ses ambitions. Il sut au mieux profiter de ses amitiés différentes, et parfois contradictoires, pour arriver sur le trone.

Il était, il faut bien le dire, plus populaire que les Carolingiens. Il n’eut pas peur de faire des promesses que l’on qualifierai aujourd’hui de démagogiques. Ainsi promit-il de dédommager tous les ecclésiastiques qui lui assureraient leur soutien. Il fallait, et Hugues l’avait bien compris, avoir plus d’alliés dans l’assemblée élective que les autres candidats.

C’est bien là ce qui intrigue encore les historiens. Le personnage est mystérieux, et l’on n’en finit pas de chercher à cerner son caractère.

Etait-il résolument ambitieux ou fut-il simplement servi par une situation ? On a parle de génie politique. Ce qui est certain, c’est qu’il a su attendre le moment opportun pour accéder à la Couronne.

Le pouvoir carolingien était prêt à tomber.

Pourquoi ne pas accélérer les choses par une action de force ? Louis V ne se serait pas retrouvé vainqueur face à un prince aussi populaire. Il était déjà en guerre avec Adalberon. Scrupules ou calculs dissuadèrent Hugues Capet de ce qui aurait pu être un coup d’Etat si l’Etat avait existé!

Il sut sagement attendre qu’une élection se présente. On pense que son tempérament ne l’eût pas poussé à une action de force.

Mais le problème se posa différemment lorsque le carolingien Louis V mourut subitement.

Le roi n’avait pas d’héritier. La monarchie eu pû disparaître, victime de ce contretemps, tant la puissance des vassaux était réelle par rapport à celle du roi.

Curieusement, la nouvelle vacance du pouvoir donna comme un coup de fouet à la royauté, et c’est cette cet élan soudain qui en fit une monarchie héreditaire en 987 qui devait se maintenir jusqu’en 1789.

Roi de France

Car la souveraineté en 987 paraissait déjà inévitable, tant politiquement que dans l’organisation sociale. Le principe en était définitivement admis ce qui ne voulait pas dire que le roi aurait plus de terre que ses vassaux.

Tous les grands s’entendirent donc pour élire Hugues, duc de Paris. Il y avait plusieurs candidats à se trône. Mais ce qui, à posteriori fut considéré comme le génie politique du capétien devait lui assurer la victoire. Le réseau d’alliances (dont celle déterminante avec l’archevêque de Reims), qu’il avait soigneusement tissé en fit le candidat de le mieux assuré.

L’adversaire de Hugues était l’oncle de Charles V, Charles, duc de Basse-Lorraine, frère du roi défunt Lothaire.

Adalberon prit la sage précaution de réunir à Senlis les personnages les plus importants. C’est à dire ceux qui devait élire le roi. Il n’eut aucun mal à les convaincre de porter leur choix sur le Capétien plutôt que sur le Carolingien.

On a conservé le discours de Richer. Son argumentation est intéressante car il privilégie la valeur par rapport à l’hérédité, alors que le respect de l’hérédité sera justement par la suite le garant de la continuité capétienne.

Car sur quel droit se base par Adalberon? Un certain flou règne à ce sujet. Les partisans de Charles prétendent que le trône lui revient par son droit de naissance.

Le 1er juin de l’an 987, Hugues Capet fut solennellement proclamé roi des Francs dans la cathédrale de Noyon. Il avait evincé Charles de Lorraine; la dynastie capétienne, la colonne vertébrale de la monarchie française, était née.

Comment Hugues Capet Installe-t-il durablement sa famille au pouvoir ?

Tel fut le discours de Hugues, son serment devant ses électeurs.

« Moi, Hugues, qui dans un instant vais devenir roi des Francs par la faveur divine, au jour de mon sacre, en la présence de Dieu et de ses saints, je promets à chacun de vous de lui conserver le privilège canonique, la loi, la justice qui lui sont dus et de vous défendre autant que je le pourrai, avec l’aide du Seigneur, comme il est juste qu’un roi agisse, en son royaume, envers chaque évêque et l’église qui lui est commise. Je promets aussi de faire justice, selon ses droits, au peuple qui nous est confié. »

Hugues Capet

Il ne savait pas que tous ses successeurs, par la suite, prononceraient exactement les mêmes paroles le jour de leur sacre. Lorsqu’ils condamnèrent Louis XVI, les révolutionnaires appelèrent le roi par son nom Louis Capet.

La royauté était donc élective, elle allait devenir héréditaire. L’élection est le point fort du règne du premier Capétien, règne que l’on connait peu.

On sait que le premier roi de cette longue dynastie eut à se défendre des ambitions de certains de ses vassaux. Parmi eux, Eudes Ier, comte de Blois, fut le plus virulent. L’autre grande initiative de Hugues fut d’associer son fils devenir au trône sacré de son vivant et de faire ainsi de l’hérédité un usage qui allait de la vie privée, du caractère ou même du physique du roi, nous en connaissons fort peu de choses.

L’histoire a surtout retenu son élection en raison de son fort symbolisme. On peut dire que Hugues Capet a eu la sagesse d’attendre que la Couronne lui soit offerte et qu’en assurant la continuité de la dynastie il fit basculer la partie occidentale de l’empire carolingien , en royaume de France.

Source

Les mérovingiens

481-751

Les carolingiens

751-987