La marine romaine et ses navires

trirème de la marine romaine

La première flotte de la marine romaine, construite en 261 av. J.-C. comprenait 100 quinquérèmes et 20 trirèmes. Selon l’historien grec Polybe, les Romains possédaient en 256 av. J.-C., une véritable flotte de 330 navires qu’ils accroissaient, deux ans plus tard, de 570 unités.

L’ORIGINE DE LA MARINE ROMAINE

Les Romains n avaient jusque-là combattu que sur la terre ferme lorsque, en 264 av. J.-C., ils durent faire face à la redoutable flotte de guerre des Carthaginois. Comprenant qu’il leur fallait se battre à armes égales, ils poussèrent le Sénat à prendre une décision historique doter Rome au plus vite d’une importante flotte de guerre. Des 260 av. J.-C., les Romains étaient prêts à affronter les bateaux carthaginois, au large des îles Lipari (à Myles).

LE BATEAU ONÉRAIRE

La marine romaine possédait un bon nombre de navires marchands, dits « onéraires » (du latin onus, charge, cargaison). De forme plutôt arrondie, ils naviguaient à la voile, sans rameurs, pour laisser plus de place aux marchandises.

La voile était carrée, de couleur blanche, en lin, en papyrus ou en bysse (soie sécrétée par certains mollusques). Dans la coque, en bois de pin ou de sapin, on pouvait, sans inquiétude, charger les marchandises car la cale ne prendrait pas l’eau; la construction de la quille était particulièrement soignée : revêtue à l’extérieur de laine goudronnée, elle était couverte d’une couche de plomb qui la rendait particulièrement stable et imperméable.

LA TRIRÈME

Ce type de navire de guerre fut le plus employé dans la marine romaine. Comme son nom l’indique (du latin tres, trois. et remus, rame). Il avait trois rangs de rameurs, superposés. Presque semblable à nos bateaux de navigation fluviale, la trirème mesurait de 35 m a 38 m de longueur sur 6 m de large. Un grand mat soutenait la voile rectangulaire, qui portait le nom du bateau et les insignes du commandant de bord en broderies d’or.

Sa coque était en cèdre. A la proue se massaient les combattants, au centre les marins et les rameurs, tandis qu’à la poupe, appelée « poste élevé », se trouvaient le capitaine, les officiers et les hommes de barre ou timoniers (le timon se composait de deux longues rames en forme de poisson, placées de part et d’autre de la poupe).

L’équipage comprenait 250 hommes en tout : rameurs, marins et soldats. Ces derniers seulement allaient a l’abordage.

Ainsi chargée, la trirème pesait 50 t et filait 5 noeuds (9.260 km/h).

La « quinquérème » (du latin quinque, cinq, et remus, rame) avait cinq rangs de rameurs mais, trop lourde à la manoeuvre, peu rapide, elle fut peu employée dans la marine romaine. Elle mesurait jusqu’à 70 m de long sur 8 m de large, et comportait un équipage de 310 rameurs, 47 marins et 120 soldats.


PLACE DES RAMEURS DANS UNE TRIRÈME.

Une trirème comprenait 150 rameurs: ceux-ci ne participaient pas au combat et restaient assis sur le pont du bateau. Voici comment ils étaient placés : ceux du haut, les thranites, étaient derrière ceux du bas, les thalamites, et maniaient des rames plus longues; ceux du milieu s’appelaient les zygites. C’étaient soit des esclaves, soit des prisonniers de guerre : ils ne devaient jamais quitter leur banc au cours de la manoeuvre, même pour manger ou dormir.

S’ils essayaient de désobéir, ils étaient battus et brutalisés par le chef de chiourme.

LA LIBURNE

Apres leur victoire sur les Carthaginois, les Romains construisirent des bateaux plus légers et plus rapides. Parmi ceux-ci, le meilleur fut la liburne, construite d’après le modele des bâtiments des pirates illyriens de la Liburnie (Croatie).

Très légère et d’une extrême maniabilité, elle n’avait que deux rangs de rameurs – elle fut très en honneur chez les Romains.

L’ARMEMENT DE LA MARINE ROMAINE

Les armes à feu étant inconnues, le seul moyen d’attaquer était le « rostre » ou « éperon » Cette arme, en fer ou en bronze, était dissimulée dans la proue et permettait d’atteindre directement la quille du navire ennemi pendant le combat. Son effet pouvait toutefois être amorti par « l’antirostre« .

C’est au consul Caius Duilius (261 av. J.-C.) que revient l’initiative d’une géniale innovation dans I’armement des bateaux de guerre il dota effectivement ceux-ci du « corbeau » (sorte de pont-levis volant muni d’un crochet de fer en bec de corbeau). Ainsi le navire ennemi, une fois abordé et accroché par le corbeau, ne pouvait plus s’éloigner : les soldats y pénétraient alors pour engager le combat qui n’avait plus rien d’une bataille navale et se transformait en un combat terrestre.

LE « TELEGRAPHE » DES ROMAINS.

Comment les Romains transmettaient-ils les ordres d’un équipage à l’autre? Ils faisaient adroitement jouer la lumière du soleil sur un bouclier poli, en variant la fréquence des reflets suivant le message à envoyer.

Sources

Archéologie – ville de lyon