Philippe Ier 1052 – 1108

Philippe Ier, roi capétien, roi des francs

Lorsque s’éteint Henri Ier, le nouveau roi n’est qu’un petit garçon de sept ans. Mais lorsque l’on regarde l’ensemble du règne, on se trouve alors en face d’un gros homme sensuel et cupide. Philippe Ier a régné quarante-huit ans, de 1060 à 1108. Il faut avouer que la longueur n’a ici pas grand-chose avoir avec la gloire, mais encore faut-il faire une remarque préalable.

Personnalité de Philippe Ier

Ce roi fut très impopulaire aux yeux de l’Eglise, qui lui a reproché d’avoir cédé des archevêchés par amour de l’argent. Or, l’essentiel des informations que nous possédons sont des chroniques d’ecclésiastiques.

On a dit que Philippe était un gros homme sensuel, qu’il était d’une cupidité sans limite et qu’il pensait davantage à ses plaisirs qu’au bien du royaume. Ce jugement est à réviser. Certes, la fin du règne ressemble à une déchéance. Certes, Philippe aima l’argent. Mais on ne peut pas dire que la monarchie en souffrit.

Elle était déjà très affaiblie lorsque le jeune roi arriva sur le trône.

La lutte contre Guillaume le Conquérant

Sa cupidité lui fit céder des évêchés et louer ses services militaires. Il agit parfois tel un mercenaire, donnant son soutien au plus offrant. Il épousa Berthe de Hollande, une pupille du comte de Flandre. Cette alliance devait pouvoir l’aider à lutter contre les Anglo-Normands. La lutte entre le roi de France et le vassal couronne Guillaume le Conquérant, était inévitable.

Plutôt que de tenter une opposition militaire que n’aurait certainement pas abouti en sa faveur, Philippe s’ingénia à fomenter des rebellions chez les petits seigneurs normands et à susciter les intrigues de cours.

C’est ainsi qu’il s’allia avec le fils de Guillaume, Robert, qui s’était révolté contre son père.

Mais Philippe se fit payer son soutien. Une autre fois, c’est Guillaume lui-même qui le soudoya pour éviter la prise d’un château… Mais par ailleurs, Philippe introduisit un système d’annexion qui sera repris par Louis VI et Philippe Auguste.

Annexions et extension du domaine royal sous Philippe Ier

Il ne s’agit pas de grandes offensives militaires dont les rois de France n’avaient pas les moyens, mais plutôt d’intrigues.

Les annexions se faisaient par calcule et sans violence. Par cupidité peut être le Roi chercha constamment à agrandir le domaine royal. Il savait toujours ou était les héritages litigieux ou les successions vacantes.

C’est ainsi qu’il obtient le Vermandois qu’il confit à son frère Hugues le Grand. Ainsi naquis la dynastie capétienne des Vermandois, qui sera d’un grand secours pour la monarchie tout au long du XIIe siècle.

D’une manière analogue, Philippe Ier repris le Vexin lorsque le comte se retira dans un monastère. Le Gatinais fut également annexé. Paris se trouvait ainsi moins isolé.

Enfin, Philippe qui n’alla pas en Terre Sainte, sut profiter des besoins en argents de ceux qui s’y rendaient. C’est de cette manière qu’il obtient Bourges.

Amour, gloire et papauté

Les rapports avec la papauté, nous l’avons dit, ne furent jamais bons Philippe ne souhaitait pas se voir ôter son pouvoir de nomination des évêques.

Mais la crise atteignit son paroxysme sous Urbain II. Philippe eu la mauvaise idée de tomber éperdument amoureux de Bertrade de Montfort.

A vrai dire, c’est elle qui lui fit des avances dans la crainte d’être abandonnée par son époux. Et Philippe préféra Bertrade à Berthe. La reine, mère du petit Louis, fut répudiée sous prétexte de parente. Cette répudiation valu au roi d’être excommunié par différents conciles. Mais l’amour est aveugle et les deux amants vécurent ainsi se souciant peu de la sentence papale. Bertrade devint légitimement reine. Elle fut même reconnue comme telle par son ancien époux!

Au bout de douze ans, le couple finit par accepter de sauver les apparences, sans pour autant mettre un terme à leurs relations.

Fin du règne

La fin du règne fut une véritable décadence. Philippe avait néanmoins pris la précaution d’associer au trône son fils Louis. Bertrade (qui gouvernait pour le roi) chercha à assoir ses fils sur le trône à la place de son beau-fils qu’elle détestait cordialement).

Ne reculant devant aucune solution, elle alla même jusqu’à tenter de l’empoisonner! Si cette situation s’était encore prolongée, le jeune Louis ne serait jamais monté sur le trône. Heureusement pour lui, Philippe s’éteignit le 3 août 1108.

Sources

Les mérovingiens

481-751

Les carolingiens

751-987