Richelieu, artisan du roi Louis XIII

Le siège de la Rochelle

Brillant en politique et fin connaisseur militaire. Le cardinal Richelieu fut l’un des hommes fort du règne de Louis XIII.

LE CARDINAL RICHELIEU ET SON ROI, LOUIS XIII

De nombreux complots furent organisés contre Richelieu, mais tous échouèrent, laissant finalement le grand cardinal , Richelieu, mourir de maladie, en 1642.

Un grand nombre de personnes accueillirent sa mort avec soulagement les membres du Parlement, les nobles, la Cour tout entière, les catholiques intransigeants, le peuple même, accablé d’impôts.

L’homme qui, durant dix-huit ans, avait guidé la politique de l’Etat disparaissait enfin, son intelligence et sa volonté exceptionnelle avaient épargnée bien des dangers à la France, qui était devenue une nation puissante malgré l’environnement hostile et, les embuches de ses concitoyens.

Seul, Louis XIII, qui de nombreuses fois avait témoigné, malgré des divergences de vues fréquentes, son estime à son ministre, savait la perte que venait de faire la France.

Pourtant la collaboration des deux hommes avait souvent été orageuse, Richelieu ne déclarait-il pas :

Les quatre pieds carrés du cabinet du roi me sont plus difficiles à conquérir que tous les champs de bataille de l’Europe!

Richelieu

ÉVÊQUE À VINGT-DEUX ANS

Le père d’Armand Jean du Plessis de Richelieu servit, comme chef de la Maison royale sous les règnes d’Henri III et d’Henri IV,

recevant pour sa famille le bénéfice de l’évêché de Luçon, « l’évêché le plus crotte de France ».

Son second fils, Alphonse, renonça à l’épiscopal qui fut alors accordé en 1605 à son cadet Armand. Celui-ci, âge de vingt ans, qui se destinait à la carrière des armes, consentit néanmoins à suivre cette nouvelle voie.

Consacré en 1607 – après une dispense à cause de son jeune âge – il prit possession de son diocèse en 1608.

LE CARDINAL DE RICHELIEU, MINISTRE DE FRANCE

Administrer l’évêché de Luçon est pour Richelieu un apprentissage utile; il se consacre avec passion à tous les problèmes et se prépare ainsi à une très belle carrière ecclésiastique. Mais Richelieu n’a pas oublié la Cour de Paris, et c’est vers elle que se tourne son ambition. L’histoire de France en sera marquée à jamais.

Or, Louis XIII étant trop jeune à la mort de son père Henri IV (1610), sa mère, Marie de Medicis, exerce la régence. Richelieu fait alors son possible pour se faire apprécier de la éegente; il prend la parole au nom du clergé aux Etats généraux de 1614, et se rallie plus ou moins au parti de Concini, aventurier sans grands scrupules et sans grande valeur politique, qui a pris, avec sa femme Leonora Galigal, une grande influence sur la reine.

Cette amitié, Richelieu va la payer de plusieurs années de disgrâce. En effet, à la mort de Concini, assassiné à l’instigation de Louis XIII désireux de se libérer de cette tutelle humiliante, Marie de Medicis est exilée à Blois, et le duc de Luynes, favori du jeune roi, prend la direction des affaires du royaume.

Richelieu à la sagesse de se retirer et suit la régente en exil. Exil qui ne saurait durer. En effet, le duc de Luynes étant mort au combat, Louis XIII rappelle sa mère auprès de lui.

Marie de Medicis n’oublie pas Richelieu qui, en 1622, est nommé cardinal, et deux ans plus tard ministre d’Etat; il vient alors siéger au Conseil d’Etat, dont il devient le chef véritable des aout 1624.

LE CARDINAL RICHELIEU, UN GRAND HOMME POLITIQUE

Connu jusqu’alors comme courtisan habile, Richelieu se révèle vite homme d’Etat remarquable, passionnément ambitieux de la grandeur de la France; il sait s’entourer de gens capables, tel le Père Joseph, un père capucin que l’on a surnommé l’Eminence grise.

Souple et déférent à l’égard du roi, malgré ce qu’ont prétendu ses ennemis, Richelieu, lorsqu’il s’oublie à parler trop haut, se fait sèchement rappeler à l’ordre par Louis XIII.

Mais c’est aussi le roi qui déclare à son fidèle cardinal :

Assurez-vous que je vous protégerai contre qui que ce soit et vous ne vous abandonnerai jamais.

Louis XIII

À L’INTERIEUR

Le programme de la politique intérieure de Richelieu peut se résumer ainsi : donner au roi l’entière autorité sur tous les habitants du royaume. Pour cela il faut réduire à l’obéissance les grands, qui ont relevé la tête pendant la régence, et, en outre, supprimer la menace politique que représente le parti protestant (depuis l’édit de Nantes).

En 1627, les protestants, reprochant au gouvernement son attitude à leur égard, se révoltent, espérant l’aide anglaise.

Après un long siège et l’échec d’une flotte de secours anglaise, Richelieu, montrant de réels dons militaires, s’empare de La Rochelle, principale place forte huguenote.

Par l’Edit de grâce d’Alais « , le roi, laissant aux protestants leurs libertés religieuses, leur enlève tout pouvoir politique en leur ôtant leurs villes de sûreté .

Contre les grands, Richelieu doit faire face aux complots, dont l’âme est le frère même du roi, le brouillon Gaston d’Orleans. En 1630, ses ennemis croient parvenir au but; il semble en effet que Louis XIII, poussé par sa mère et sa femme, Anne d’Autriche, soit décidé à renvoyer son ministre; mais lors de la Journée des dupes, Richelieu, persuadé de sa disgrâce, se voit confirmé dans sa charge, et son principal adversaire, Michel de Marillac, chef du parti des dévots, est arrêté.

Désormais, pour briser les résistances, Richelieu n’hésite pas à frapper les plus hauts personnages, allant jusqu’à les faire décapiter comme le duc de Montmorency ou Cinq-Mars.

En même temps, l’administration royale est étendue et perfectionnée, tandis qu’une politique d’essor économique, industriel et commercial est esquissée.

À L’EXTÉRIEUR

En politique extérieure, Richelieu n’a qu’un seul but : combattre la puissance, toujours dangereuse, des Habsbourg pour empêcher l’union des royaumes d’Autriche et d’Espagne et leur domination en Europe.

Apres avoir essayé de lutter indirectement contre l’empereur Ferdinand II de Habsbourg, par l’intermédiaire d’alliés protestants comme le roi de Suède Gustave-Adolphe et les princes allemands, Richelieu est forcé d’intervenir directement dans la guerre (guerre de Trente Ans). Apres dix ans de luttes indécises, les armées françaises, après la mort de Richelieu et de Louis XIII, réussissent, grâce à de brillants succès dus au génie militaire de Condé et de Turenne, à remporter la victoire (1646 a 1648); les traites de Westphalie allaient consacrer la suprématie de la France en Europe.

Sources

Bataille du Texel

Les corsaires sauve la France

Le Brésil

Les grandes étapes du Brésil