Bertrand du Guesclin, légende française.

Bertrand Du Guesclin à cheval

Bertrand du Guesclin est une figure historique française qui s’est illustrée pendant la guerre de cent ans. Né vers 1320 au château de la Motte-Broons, il est noble breton, connétable du royaume de France et de Castille. Il aura autant marqué les anglais que les sarrasins et les castillans lors de ses nombreuses batailles et escarmouches meurtrières.

Bertrand du Guesclin passe son enfance en Bretagne et est élevé à la dur dans un contexte de noblesse rustique où la rigueur est de mise, au même titre que le respect de l’autorité. Il est à noter qu’il parle français et non le breton car sa famille n’est pas assez noble.

Du Guesclin, de l’enfant à l’homme

Doté d’un physique peu glorieux, Bertrand du Guesclin ne cessera de gommer cet aspect par ses actions de courages brutalités. Une chanson lui est même dédiée : la Chanson de Bertrand du Guesclin du trouvère Cuvelier dit de lui qu’il fut « l’enfant le plus laid qu’il y eût de Rennes à Dinan »

Plus brigand de grands chemins que chevalier, son père lui interdit l’enseignement de la chevalerie et sa famille le relègue au rôle de bête foire dans un coin de la pièce à manger. C’était sous estimer le jeune, mais déterminé Bertrand du Guesclin.

A l’âge de 6ans et débordant de rage, Du Guesclin en à marre de passer pour le mongole de service et sur un coup d’énervement montre qu’il est le patron à ses frères et prend toute la place qui lui ai dû. Se faisant, il commence à devenir le chevalier que l’on connait et gagner le respect des autres. Bertrand est désormais traité avec les égards dûs à son rang

Première victoire pour Bertrand du Guesclin

Déjà connu pour sa brutalité et son caractère bagarreur, Bertrand du Guesclin doit s’enfuir de chez lui pour éviter la punition de son père. Arrivé à Rennes chez son oncle, le 4 juin 1337 Bertrand participe à un tournoi auquel il lui est interdit de participer. La légende est en marche.

Profitant de la défaite de l’un de ses cousins, du Guesclin récupère son équipement et commence à défaire en lice une douzaine de chevaliers aguerris. Arrive le moment où le courageux et téméraire chevalier rencontre son créateur et par sens du devoir et du respect, refuse de le combattre. Bertrand gagne contre plusieurs chevaliers, mais incline sa lance devant son père en guise de respect. Le Moyen-âge c’est aussi ça.

Plus tard, une dernièr combattant pour la route et une visière de casque qui saute, il est reconnu par son père. Ce dernier, ému par les exploits de son fils, le fait armé. A partir de ce moment, Bertrand du Guesclin ne cessera pas de dominer les combats.

La Bretagne, premières gloires

Soucieux de faire respecter son image et de se faire connaître, Bertrand du Guesclin s’illustre dans les combats que se livrent Charles de Blois et les comtes de Montfort, Jean II et son fils Jean III, pour l’héritage du duché de Bretagne.

Il met tellement de coeur à l’ouvrage, qu’il gagne très vite le respect de tous mais surtout des nobles qui commence à connaître la réputation du chevalier.

Débute aussi à ce moment la guerre de Cent ans et les occasions de briller ne manquent pas. Rusé comme un renard, Bertrand du Guesclin prend le château de Grand-Fougeray puis participe à la défense de Rennes pour être finalement adoubé au château de Montmuran en 1357.

« Le courage donne ce que la beauté refuse »

Bertrand du Guesclin, sa devise et ultime pied de nez à ce physique de monstre.

Le Dogue noir de Brocéliande

Soutenant Charles de Blois, époux de Jeanne de Penthièvre, prétendante à la couronne ducale, c’est en guerroyant plusieurs années dans la forêt de Paimpont et ses alentours qu’il devient un cauchemar pour les Anglais. Adepte de la guérilla, il passe son temps à tendre des embuscades au godon de base et à faire baisser drastiquement les ressources de l’envahisseur.

En 1360, Bertrand du Guesclin récolte les fruits de ses actions et est fait capitaine de la Normandie, d’Anjou et du Maine. En 1361, alerté par le seigneur de Sablé qu’une troupe anglaise se prépare à aller foutre un joyeux bordel dans la ville du coin, Bertrand se propose pour aider.

Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu et le chevalier se retrouve prisonnier. La somme est payée et en 1364, à force d’exploits et de carnages, il est fait chambellan de France.

Le bon, la brute et le truand

En cette période troublée, Charles V devient roi du royaume de France. Les choses s’accélèrent et l’année 1364 est un grand millésime. Prise de Rolleboise, de Mantes et de Meulan, bataille de Cocherel contre l’armée du roi de Navarre, prise de Valognes… Bertrand du Guesclin est sur tous les fronts.

Après ces victoires, il vole de nouveau au secours de Charles de Blois en Bretagne ; mais, en septembre 1364, à la bataille d’Auray, malgré tous ses efforts, son parti est battu : il est fait prisonnier par John Chandos, chef de l’armée anglaise. Sa rançon est de 100 000 livres. Le roi de France paie 40 000 livres, Guy XII de Laval répond du reste. Le chevalier dispose d’une très grande réputation, tout le monde le sait et forcément, sa rançon augmente en même temps que ses victoires.

En 1365, à la demande du roi de France, il doit débarrasser le royaume des mercenaires et Grandes compagnies. Fort de son expérience et sa stature, il convint les grandes compagnies et les groupes de mercenaires à participer à une orgie de pillage, de meurtres et de guerre légale contre une partie des Castillans.

C’est la première guerre civile de Castille, l’objectif est de mettre un homme acquit à la cause, roi de Castille. Cet homme s’incarne en Henri de Trastamare, un chevalier qui plaît à du Guesclin. L’affaire est vite pliée. Bénéficiant d’une expérience de guerre hors norme, bien entouré avec son fidèle lieutenant Guillaume Boitel, il enchaine les victoires au détriment de Pierre le Cruel.

Bertrand du Guesclin, le charisme

Malheureusement, à peine Pierre le Cruel défait que son parti fait appel au Prince Noir. Gouverneur de Guyenne, le Prince livre la bataille de Nájera en 1367 et gagne contre Bertrand du Guesclin qui ne souhaitait pas engager le combat.

Il est fait prisonnier et libéré sur parole grâce à l’insistance de Hugues de Calveley auprès du Prince Noir. Homme de paroles et d’honneur, il commence par récolter des fonds pour ses propres hommes avant de sa propre rançon. Il fixe lui même à 100 000 livres sa liberté puis se ravise pour fixer le montant à 60 000 livres.

L’épouse du Prince Noir, qui admire du Guesclin, verse 10 000 livres à son mari sur sa cassette personnelle et le solde est à nouveau payé par Charles V. En 1369, Du Guesclin retourne en Espagne où il remporte la bataille de Montiel contre Pierre le Cruel et l’armée des Sarrazins venus du Maroc. Il rétablit Henri sur le trône et, en récompense de ses actions en Espagne, il est fait duc de Molina. Henri de Trastamare s’occupera de finir le travail en trucidant son rival dans les règles quelques mois plus tard.

Connétable et mort

En 1370, revenu en France, il est fait connétable de France. Sa grande mission sera d’expulser les anglais du royaume de France. Profitant de son expérience, Bertrand du Guesclin adopte la guérilla comme méthode de guerre et non les affrontements de bourrins. Sa stratégie se révèle extrêmement payante et il reprend la Normandie, la Guyenne, la Saintonge et le Poitou. En trois mois, il fait mieux que le capitaine d’Edouard III en six.

Précurseur, il compose sa force d’un petit groupe de soldats d’élite, mobile, déterminés et au comportement de loups maigres. Très vite le moral ennemi tombe ainsi que les places et tout le reste.

En 1374, il se marie avec Jeanne de Laval. En 1378, la révolte des nobles bretons en réponse à  la confiscation du duché de Bretagne par Charles V et le débarquement de Jean IV à Dinar viennent bousculer la vie de Bertrand du Guesclin.

Accusé de trahison à cause de son inaction au débarquement de Jean IV, indigné par de tel propos, il fait renvoyer son épée de connétable au roi de France. Ayant retrouvé la confiance du roi grâce à l’entremise du duc d’Anjou, il retourne dans le Midi pour combattre encore les Anglais.

En 1380, il se bat contre les Grandes compagnies en Auvergne. Il trouve la mort au cours du siège de Châteauneuf-de-Randon. Après plusieurs assauts terribles, la ville promet de se rendre si elle n’est pas secourue dans 15jours. Du Gesclin meurt entre temps de fièvre. L’Histoire retiendra qu’à la fin des 15jours, le gouverneur de la ville déposa les clefs sur le cercueil du chevalier en guise d’hommage. Son corps est déposé à Saint-Denis.