Comment devient-on chevalier au moyen-âge ?

Croisade des chevaliers lors du siège d'Acre

Être chevalier au moyen-âge était d’abord un devoir et une nécessité de l’époque, loin des clichés habituels que l’on s’en fait aujourd’hui.

Au Moyen-âge, le seigneur féodal laissait, en mourant, tous ses biens à son fils ainé; de cette façon, le fief n’était jamais divisé et conservait toute sa puissance. Cet usage s’appelait le droit d’ainesse. Les plus jeunes fils, les cadets, n’avaient pas de terre, et, plutôt que de vivre en sujets sur la terre de leur ainé, ils préféraient chercher l’aventure, ou devenir soldats au service d’un autre seigneur.

L’ORIGINE DU CHEVALIER AU MOYEN-ÂGE

Au cours de leurs aventures, les cadets n’avaient aucun respect pour la loi et se rendaient coupables de vols ou de délits. L’Eglise s’en inquiéta et intervint pour les persuader d’employer leur force et leur courage à des oeuvres de bien; elle leur donna une règle et les embrigada dans la chevalerie. C’est ainsi que naquit une nouvelle milice consacrée à la protection des faibles et de la religion. Par la lutte, tout jeune seigneur aspira à devenir chevalier.

L’ÉDUCATION DU FUTUR CHEVALIER

Vers l’âge de dix ans, le jeune seigneur quitte le château paternel et part au service d’un autre feudataire. II y retrouve d’autres jeunes gens qui se préparent également à devenir chevaliers: les plus jeunes sont appelés « pages », et ceux qui ont plus de quatorze ans sont les « écuyers ». Ils reçoivent une éducation sévère, apprennent les nobles règles de la chevalerie et fortifient leur corps afin d’être capables de se tirer d’embarras en toute occasion. Ils montent à cheval, manient toutes sortes d’armes, luttent, nagent, chassent. Puisqu’ils devront aller de château en château, certains apprennent à jouer du luth ou du rebec pour devenir des hôtes agréables.

LA CÉRÉMONIE DE L’ARMEMENT DU CHEVALIER AU MOYEN-ÂGE

Lorsque le jeune écuyer a vingts ans, il est « armé » chevalier au cours d’une cérémonie solennelle: l’adoubement. La veille, le jeune prend un bain symbolisant la purification de ses fautes; Puis il revêt une tunique blanche image de la pureté qu’il devra conserver, la tunique vermeille représentant le sang qu’il doit être prêt à verser pour venir au secours de l’Eglise et des faibles. Il jeûne alors jusqu’au lendemain en signe de pénitence.

Le soir, il entre dans la chapelle du château où doit se dérouler la cérémonie et passe la nuit en prière, assisté de ses parrains: C’est la veillée d’armes. Au matin, il se confesse, communie et écoute un sermon. Cependant, la chapelle se remplit : voici le chatelain, sa dame et ses demoiselles, les pages, qui doivent un jour devenir chevaliers, les domestiques et les paysans du fief. Parfois, l’évêque est aussi présent.

Voici maintenant le moment le plus solennel : le jeune homme s’approche de l’autel, portant son épée suspendue à son cou; un prêtre la bénit; puis il s’agenouille devant l’évêque ou le seigneur qui le fera chevalier.

«Pour quelle raison désires-tu entrer dans la chevalerie ? Si tu recherches la richesse ou les honneurs, tu n’en es pas digne !»

Alors le jeune homme étend la main sur l’Evangile et prête à voix haute le serment des chevaliers.

Apres le serment, les pages l’aident à revêtir sa nouvelle tenue: cotte de mailles, cuirasse, brassards et éperons dorés. Puis il peut enfin ceindre l’épée! C’est le plus bel ornement d’un chevalier : elle deviendra sa compagne fidèle et inséparable. Le jeune homme s’agenouille de nouveau pour la paumée ou collée: le seigneur s’approche de lui et lui donne trois coups du plat de son épée sur la joue, ou du plat de la main sur la nuque, en disant:

« Au nom de Dieu, de saint Michel et de Saint Georges, je te fais chevalier. Sois vaillant, loyal et généreux»

Puis on lui amène un cheval : il met le heaume, et saute sur le destrier sans toucher les étriers; il part au galop, renversant de sa lance une série de mannequins. C’est ainsi que l’on devient chevalier au moyen-âge.

LA MISSION DU CHEVALIER AU MOYEN-ÂGE

« Tu défendras tous les faibles, »

Au Moyen-âge, ceux qui devaient gouverner avec justice et protéger la loi sont souvent les premiers à commettre des vols et des délits. Le peuple ne sait à qui s’adresser pour demander justice, ceux qui le peuvent, la rendent eux-mêmes. Mais comment un malheureux paysan peut-il punir le seigneur qui lui a pris ses biens? Comment un pauvre curé de campagne peut-il se défendre contre les méchants qui l’empêchent d’exercer son ministère? Le chevalier leur vient en aide; sa tache est d’ailleurs très difficile. En utilisant sa force et son habileté, il réussit à sauver les faibles et à les protéger contre les violences des puissants.

« Tu seras généreux envers tous. »

Alors que personne ne pense à ceux qui sont pauvres et seuls, aux veuves et aux orphelins sans défense et plongés dans une grande misère, le chevalier s’occupe généreusement d’eux. “Cependant, il n’est souvent lui-même pas très riche; Parfois il ne possède ni terre, ni château et vit de l’hospitalité de ses protégés, ou de celle de quelque châtelain ami.

« Tu protégeras l’Eglise. »

Les chevalier sont de généreux défenseurs de l’Eglise et de ses ministres. Ils protègent les monastères contre les brigands en échange, les moines les abritent dans leur couvents, les soignent s’ils sont blessés, les cachent s’ils sont poursuivis. Mais c’est aux croisades que les chevaliers accomplissent leurs plus grands exploits.