Philippe Auguste 1165 – 1223

Portrait de Philippe Auguste

Philippe, que l’on surnomma Auguste tout simplement parce qu’il était né mois d’août, monta sur le trône à l’age de quinze ans. C’est le premier Capétien avoir eu de réelles ambitions pour son royaume.

Pourquoi Philippe Auguste Est-il connu ?

Il souhaitait en faire l’un des plus puissants d’Europe. Intelligence, détermination et fermeté du caractère allaient l’aider à réaliser son rêve. Ce règne fut effectivement l’un des plus importants du Moyen Age.

Le jeune roi avait un dessein précis.

« Je desire qu’à la fin de mon règne la royauté soit aussi puissante qu’au temps de Charlemagne ».

Philippe Auguste

II y réussit presque.

L’une de ses plus belles réussites fut de multiplier par deux le territoire de la Couronne. Il sut aussi récupérer à son profit les élans belliqueux de ses seigneurs.

A la mort de son père, Louis VII le Jeune, la situation n’avait pourtant rien de réjouissant. L’ombre du très puissant Henri II Plantagenet planait dangereusement sur la France. Le roi d’Angleterre possédait la moitié de la France et il comptait s’emparer de l’Auvergne, du Languedoc, de la Flandre et aussi de la riche Alsace.

Un contexte difficile

Philippe épousa tout d’abord Isabelle de Hainaut, ce qui lui apporta l’Artois. Il eut à lutter contre une coalition menée par sa propre mère. Adèle souhaitait exercer la régence puisque son fils était très jeune. Elle était soutenue par ses frères, les comtes de Champagne et de Blois, ainsi que par l’archevêque de Reims.

Le roi se retrouvait relativement encerclé et la situation était dangereuse. La Flandre, vassale de l’empire, s’allia également aux coalisés. Mais Philippe comptait sur sa jeune épouse pour faire pression sur son père. Il menaça de la répudier.

Gilbert de Mons nous relate la fin de l’histoire.

« En 1185, la reine Isabelle devint odieuse aux Français parce que son père prêtait assistance aux comtes de Flandre, comme il y était tenu en qualité de vassal. Les grands de la cour pressaient le roi de divorcer. Un jour avait été fixe à Senlis, ou la répudiation serait prononcée, quand la reine Isabelle ayant depose ses vêtements précieux pour revétir le costume le plus humble, parcourut pieds nus les rues de la ville, priant Dieu à voix haute qu’il écartait son royal époux des pernicieux conseils.

Gilbert de Mons

Le peuple en fut emu. Il aimait sa bonne reine. »

Le roi ne put alors que céder. Il finit en outre par decider son beau-père à abandonner les coalisés. La guerre devint d’un seul coup beaucoup plus facile et elle se termina à la faveur du roi de France en 1186.

Conflit avec l’Angleterre

Pendant ces cinq ans de crise « interne », le roi Henri n’avait pas cherché à profiter de la situation. Il y avait pourtant été invité par Adèle de Champagne. Il faut dire que le roi d’Angleterre avait lui aussi quelques problèmes à régler au sein de sa propre famille.

Ce fut donc Philippe que s’offrit le luxe de provoquer le puissant roi d’Angleterre. La guerre fut courte et Henri capitula de manière peu glorieuse à Azay-le-Rideau.

Le fils d’Henri, Richard, qui avait le coeur si vaillant qu’on le surnomma Coeur de Lion vient alors à la cour de France. Il avait durant le conflit choisi le camp français contre son père.

Et la guerre allait reprendre contre l’Angleterre quand on apprit que Saladin avait repris Jerusalem. Mais malgré l’invitation du pape les deux rois ne souhaitait abandonner son royaume pour se rendre en Terre sainte.

Peu après, Henri mourut et c’est Richard qui devint roi d’Angleterre. Philippe restitua alors à son ancien allié les terres qu’il avait prises à son père. Mais cette amitié n’allait pas durer puisqu’il n’y avait plus d’ennemi commun.

Le pape attendait toujours que les deux rois daignent bien se rendre à Jerusalem. La croisade finit tout de meme par s’organiser.

Philippe Auguste et la 3e croisade

Le 4 juillet 1190, les deux rois amis et ennemis se retrouvaient à Vezclay. A Marseille, on sentait déjà une certaine tension. Il faut dire que Richard refusait d’épouser Alix, soeur de Philippe. Ils réussirent néanmoins à prendre Saint-Jean-d’Acre.

Philippe Auguste, estimant qu’il avait alors assez donné pour la sainte cause, apprit à ses compagnons que son état de santé ne lui permettait pas de rester et qu’il devait regagner la France au plus vite.

Saladin tenait toujours Jérusalem.

La maladie de Philippe venait surtout du fait que le comte de Flandre avait trouvé la mort devant Saint-Jean-d’Acre. Un problème de succession se posait alors. Avant de partir, Philippe promit à Richard de ne pas profiter de la situation.

A peine rentre, Philippe se mit en quête de trouver un moyen pour arrêter le roi d’Angleterre. Il le trouva en la personne de Leopold, duc d’Autriche, ennemi jure de Richard. Leopold n’eut aucune difficulté à arrêter Richard et à le mettre en prison chez l’Empereur.

Reprise du conflit franco-anglais

La France gagna de ces intrigues la Normandie et le Vexin. Mais lorsque Richard fut libéré en 1194 la guerre était inévitable. Le conflit « franco- anglais » reprit alors tout naturellement.

Richard était militairement d’une supériorité évidente. C’est à cette époque que Richard fit construire la fameuse forteresse de Château-Gaillard qui fut un modèle du genre. Cela ne l’empêcha pas de se faire tuer en assiégeant Chalus dans le Limousin.

Il faut saluer le talent militaire de ce roi; entre autres, c’est grâce à lui que Saint-Jean-d’Acre fut prise sans difficultés.

En 1199, Philippe était définitivement débarrassé de Richard. Le nouveau roi d’Angleterre était son frère Jean sans Terre. Jean était loin d’avoir le talent militaire de son frère. Et la guerre se poursuivit.

Pendant ce temps, la reine Isabelle de Hainaut était morte après avoir enfanté un fils. Le roi avait son héritier. Philippe chercha alors à se remarier.

Amour, gloire et beauté

La nouvelle élue fut Ingeburge, dite Isambour, la fille du roi du Danemark. Cette union lui permettait de revendiquer quelque droit sur la Couronne d’Angleterre. Très vite ce mariage se révéla une erreur sinon stratégique du moins sentimentale. Le moins que l’on puisse dire est que Philippe ne fut pas sensible au charme scandinave.

Le lendemain même du mariage il pensa à répudier la jeune épouse. Il disait qu’il lui était « impossible de vivre avec cette femme ». Il la fit donc enfermer comme il avait déjà fait enfermer sa première femme Isabelle de Hainaut quand il avait été question de divorce.

Il s’avérait difficile d’être reine de France.

Le 5 décembre 1193, le divorce était prononcé. On avait encore eu soin de trouver un lien de parenté. Mais cette fois le pape, Innocent III, ne fut pas dupe. Les rapports entre les deux hommes ne furent jamais bons.

La croisade, comme on l’a vu, n’avait pas particulièrement passionné Philippe. Innocent III se refusa donc à accepter ce divorce qui n’avait d’autre raison que la féroce antipathie que le roi vouait à sa grande blonde de femme. De son coté, la pauvre Isambour, quelque peu isolée, tenta de se faire aider par le Pape.

Tout ce qu’elle y gagna fut d’être désormais retenue non plus dans un cloitre mais dans une forteresse.

Quand à Philippe Auguste, il se souciait peu de l’annulation de Rome mais cherchait une princesse à épouser. Celles-ci ne se précipitaient pas dans le lit royal, vu le sort qui fut réservé aux deux reines précèdentes.

C’est sur ces entrefaites que Philippe Auguste tomba follement amoureux (on commençait à douter de sa que faculté en la matière) de la jeune Agnès, fille de Berthold V comte de Meran en Tyrol.

Philippe décide d’épouser Agnes. Le pape le menaça alors d’interdit. Le roi n’en eut cure et renvoya le légat du pape à Rome. La guerre avec le pape était déclarée.

Et pour l’Amour de Philippe et Agnes, la France fut frappée d’interdit, ce qui signifiait que les églises ne pouvaient plus fonctionner, les morts n’étaient plus enterrés, les cloches ne sonnaient plus.

Cette fois pourtant il y avait bel et bien un lien de parenté entre les nouveaux époux!

Pendant ce temps, Philippe arrangea le mariage de son fils Louis avec la nièce de Jean sans Terre, une certaine Blanche, originaire de Castille. Ces noces n’empêchèrent pas réellement la guerre qui reprit une fois de plus.

Comment Philippe Auguste affirme son pouvoir ?

L’Aquitaine était en lutte contre son suzerain Jean sans Terre et demanda pour cela l’aide du roi de France, le suzerain de son suzerain. Jean était d’une grande impopularité parmi ses sujets.

Le roi de France le somma de se presenter devant la justice dont il dépendait, c’est-à-dire la cour des Pairs de Paris car il avait enlevé pour l’épouser la fiancée d’un comte, Isabelle Tilleter.

Comme il ne se présenta pas pour être jugé, il fut dans l’obligation de rendre ses fiefs à son suzerain. Ne pouvant vaincre Jean par les armes, Philippe tentait de le vaincre par la justice. Bien sur, Jean ne se laissa nullement impressionner par une telle sentence et continua à défier la justice du roi de France puisqu’il se rendit coupable de l’assassinat de son neveu Arthur de Bretagne.

Philippe s’empara alors des terres confisquées et acquit la Normandie, le Maine, la Touraine, le Poitou et l’Aquitaine qui ne demandait pas mieux. Jean fut oblige de céder. On peut dire que par son laxisme, il réussit à détruire ce que trois règnes avaient patiemment accumulé.

Victoires militaires de Bouvines, Roche-aux-Moines et Muret.

Jean eut un dernier sursaut et fomenta une ligue contre le roi de France dans laquelle entrèrent l’empereur Otton, le neveu de Jean, ainsi que les comtes de Flandre et de Bourgogne.

Il manquait à Philippe une victoire militaire éclatante, ce fut dans la seule année 1214 les trois batailles de Bouvines, la Roche-aux-Moines et Muret.

La coalition était défaite. Les barons anglais, qui avaient des rapports exécrables avec Jean demandèrent au roi de France de placer son fils Louis sur le trône d’Angleterre. Leur attitude, par contre, fut différente une fois que Jean fut décédé et Louis fut obligé de regagner la France.

La croisade des Albigeois

La fin du règne de Philippe est marquée par la croisade en Albigeois. L’hérésie cathare s’était considérablement développée et il était temps d’intervenir. Philippe n’y participa point car il ne voulait pas lutter contre son vassal, le comte de Toulouse.

En revanche, Louis prit les armes au grand regret de son père qui avait vu d’avance ce qui allait réellement se passer. En effet, on le dit auteur de cette prophétie :

« Les gens d’Eglise engageront mon fils, à faire la guerre aux hérétiques albigeois, il ruinera sa santé dans une expédition. Il y mourra, et, par la le royaume demeurera entre les mains d’une femme et d’un enfant. »

Philippe Auguste

Ce sont la les paroles d’un véritable politique.

Sources

Philippe Auguste et son gouvernement: Les fondations du pouvoir royal en France au Moyen Age

Les mérovingiens

481-751

Les carolingiens

751-987