Histoire des armes à feu du XVIe au XIXe siècle

Armes à feu

Les armes à feu prennent leurs origines au moyen-âge avec le développement des canons. Elle se développa pour devenir portative et progressivement bousculer les méthodes de combats avec une portée de tir toujours plus grande.

Du canon à main à l’arquebuse pour terminer avec le mécanisme à capsule, l’évolution principale de l’arme à feu se trouve dans son mécanisme de mise à feu.

Sommaire

Nous voici dans un camp militaire au début du XVII siècle. C’est l’heure du repos, et la plus vive animation règne entre les tentes: ici, un quartier de viande est en train de rôtir à la broche; là, de joyeux lurons boivent et jouent aux des en se querellant bruyamment. Plus loin, on nettoie ou on répare les armes, à grand renfort de chansons ou de jurons suivant l’humeur de chacun.

Cependant, au milieu de tant de brouhaha et de désordre, un groupe de soldats se livre à une occupation insolite. Réunis autour d’un banc sur lequel est posé un volume grand ouvert, ils le feuillettent avec curiosité et discutent passionnément de son contenu. Quel est donc ce livre qui, en de pareilles circonstances, peut susciter l’intérêt de gens aussi frustes, dont certains savent a peine lire et semblent peu portés à un tel genre de distraction?

Manuel de l’arme à feu

Penchons-nous et déchiffrons le titre de cet intéressant volume : «Mode d’emploi des fusils, arquebuses, mousquets et piques ».

Cet ouvrage, publié à Amsterdam en 1608, est agrémenté de plus de cent illustrations aussi utiles que précises, qu’accompagnent les explications d’un texte très clair, formant un véritable réglement.

Les manuels techniques illustrés ne sont donc pas une invention de notre temps! Voici quelques gravures extraites de cet ouvrage; nous avons choisi les plus caractéristiques, constituant une série qui représente presque «cinématographiquement » les opérations successives que doit accomplir tout mousquetaire pour faire feu avec son arme.

Les armes à feu à mèche

Voici, avant tout, de quoi se compose l’équipement d’un mousquetaire : mousquet; fourche de soutien; quelques mètres de mèche d’amadou dont les extrémités, allumées toutes deux (au cas ou l’une viendrait à s’éteindre), se tiennent entre deux doigts; accrochés à la bandoulière, une douzaine au moins de tubes de bois contenant chacun la charge de poudre nécessaire pour un coup; dans la giberne se trouvent des balles de plomb et des bourres d’étoupe; à côté pend une poire à poudre.

Chargement arquebuse

1. On verse dans le canon du mousquet la charge de poudre contenue dans un des petits tubes de bois qui sont accrochés à la bandoulière.

2. Avec une baguette spéciale on tasse dans le canon une bourre d’étoupe. puis la balle, et de nouveau l’étoupe pour éviter que la balle ne s’échappe.

3. On verse alors un peu de poudre fine de la poire à poudre dans le bassinet de mise à feu. Ce bassinet (voir le «dessin de gauche) communique par un petit trou, appelé «lumière», avec le fond du canon où se trouve la charge de poudre explosive.

4. On pose alors le lourd engin sur son support, la fourche. on prend une ligne de mire relative et on appuie sur la détente. Le serpentin se rabat et met la mèche allumée en contact avec la poudre qui s’enflamme et met le feu à la charge placée dans le canon.


Ainsi donc, s’il n’y a pas de vent pour disperser la poudre placée dans le bassinet, s’il n’y a pas de pluie pour détremper ou éteindre la mèche, si le tireur a une grande expérience et une habileté de jongleur, et si, après tant de manipulations de flacons de poudre et de mèches allumées, une balle de la partie adverse ne l’a pas déjà expédié dans l’autre monde, notre mousquetaire peut enfin faire partir son coup!

Fonctionnement de l'arquebuse
Fonctionnement de l’arquebuse

En parlant de l’origine des armes à feu, nous avons représenté l’arme qu’on peut considérer comme l’ancêtre de tous les fusils. En la comparant avec le mousquet de 1600, on se rend compte du peu de chemin parcouru en plus d’un siècle: pour mettre le feu à la poudre il faut toujours avoir recours à une mèche constamment allumée.

En dépit de ses inconvénients, le fusil à mèche était extrémement simple à fabriquer et à réparer et, de ce fait, très économique. Au reste, une balle de 2 cm de diamètre permettait de percer une solide cuirasse à la distance d’une centaine de mètres environ.

Aussi beaucoup d’armées continuèrent-elles à être équipées de fusils à mèche jusqu’au début du XVIIIe siècle, bien qu’à cette époque des armes plus perfectionnées, que nous allons décrire maintenant, aient fait leur apparition.

A l’ère préhistorique, l’homme allumait déjà du feu chaque fois qu’il en avait envie, en faisant jaillir simplement une étincelle d’une pierre à feu frappée par un morceau de métal. C’est ce principe qui sera appliqué aux armes à feu.

Les armes à pierre

Dans son merveilleux et incomparable recueil d’inventions : le codex atlanticus, Léonard de Vinci a consigné sur quatre feuillets les dessins de la construction d’un percuteur à pierre à feu.

C’est vraisemblablement sur cette base que fut construite, à cette époque, une des premières armes à pierre dont un modèle parvint, au début du XVIe siècle, entre les mains des célèbres armuriers de Nuremberg. C’est en effet à Nuremberg, vers 1515, que furent exécutés les premiers fusils à pierre.

Les premières arquebuses à pierre sont dites « arquebuses à rouet» parce que l’étincelle de mise à feu est produite par le frottement d’une roue dentée, actionnée par un mouvement d’horlogerie, sur une pierre à feu serrée entre les mâchoires d’un «chien».

Le mécanisme est très délicat et compliqué, et, de ce fait, ces armes furent toujours très coûteuses. Elles restèrent en usage jusqu’à la fin du XVIe siècle.

Au XVIIe siècle, en Hollande, on imagina et on adopta un mécanisme simplifié : la pierre à feu était serrée entre les mâchoires d’un chien qui, au moyen du ressort de détente, se rabattait sur une platine mobile; des étincelles se produisaient qui mettaient le feu à la poudre contenue dans le bassinet. Ce système allait subir quelques perfectionnements successifs et demeurer en usage jusqu’aux premières années du XVIIIe siècle.

Les armes à capsule

La dernière étape de l’évolution des armes à feu résulta de la découverte de certains produits chimiques ayant la propriété de prendre feu à la suite d’un choc violent (fulminate de mercure).

C’est vers 1800 qu’on eut, pour la première fois, l’idée d’utiliser ces substances pour la mise à feu de la poudre dans les armes; l’emploi de la pierre à feu devenait ainsi inutile : elle fut remplacée par un simple percuteur.

Vers 1825, après divers essais, on généralisa l’emploi de capsules (identiques à celles en usage aujourd’hui dans les fusils d’enfants) contenant une petite dose de produit détonant. Frappées par le percuteur, ces capsules produisaient une flamme qui allumait la charge de poudre placée dans le canon. On en vint alors rapidement à l’idée de réunir dans une cartouche la capsule détonante, la poudre et la balle.

A cette époque, le vieux système de la charge par le canon fut remplacé par celui de la charge par la culasse.

C’est ainsi que naquit l’arme à feu moderne, qui n’a pas changé dans ses principes depuis près siècle.

FAQ

Quelle évolution majeur remplace le mécanisme à mèche ?

Les premières arquebuses à pierre sont dites « arquebuses à rouet» parce que l’étincelle de mise à feu est produite par le frottement d’une roue dentée, actionnée par un mouvement d’horlogerie, sur une pierre à feu serrée entre les mâchoires d’un «chien».

Quelle évolution remplace le mécanisme à pierre ?

Les armes à capsule. La dernière étape de l’évolution des armes à feu résulta de la découverte de certains produits chimiques ayant la propriété de prendre feu à la suite d’un choc violent (fulminate de mercure)

Dossier armes à feu

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