Les paroles du moine de Clairmarais
Le moine de Clairmarais décrit l’attaque flamande contre les chevaliers français, un témoignage tardif confirmant les récits des chroniqueurs. Les paroles du moine de Clairmarais, semblables à celles du moine de Gand, révèlent une perspective sur les événements historiques. Elles décrivent comment les chevaliers français ont été attaqués par les Flamands, qui ont utilisé une stratégie efficace pour vaincre leurs adversaires. Ce texte, bien que postérieur à l’événement, semble corroborer les récits des chroniqueurs français.
Sommaire
Les attaques des chevaliers français
La bataille de Courtrai se déroule le 11 juillet 1302, dans une plaine marécageuse proche de Courtrai, sur un terrain qui favorise clairement l’infanterie sur la cavalerie lourde. L’armée française, forte de nombreux chevaliers lourdement armés et dirigée par des nobles comme Robert II d’Artois, sous-estime complètement l’adversaire flamand, composé principalement de milices communales armées de bâtons ferrés appelés goedendags et de piques. Les Français espèrent une victoire rapide, convaincus que leurs charges de cavalerie briseront facilement la ligne ennemie, en s’appuyant sur la suprématie traditionnelle de la chevalerie féodale.
Les chevaliers français attaquèrent les Flamands. Ceux-ci, selon l’instruction qui leur avait été donnée, frappèrent les chevaux à leur approche. Les chevaux blessés, en reculant, s’effondraient avec leurs cavaliers.
Moine de Clairmarais
La stratégie des Flamands
Cependant, les Flamands ont choisi et préparé minutieusement le terrain, exploitant les zones boueuses, les fossés et les rivières pour gêner toute charge massive de la cavalerie. Dans ces conditions, les chevaux ont du mal à maintenir leur élan et deviennent des cibles vulnérables. Les milices utilisent alors une tactique simple mais redoutablement efficace : frapper les chevaux à l’approche, provoquant la chute de leurs cavaliers lestés d’armures. Ce stratagème bouleverse littéralement la dynamique du combat : une fois à terre, les chevaliers sont désorganisés, isolés et deviennent extrêmement vulnérables face aux fantassins flamands.
Voyant que cet artifice leur réussissait, les Flamands perdirent toute crainte. Avec leurs bâtons ferrés, ils massacraient tous les chevaliers sans miséricorde, n’en épargnant aucun.
Moine de Clairmarais
Voyant que cette technique fonctionne, les Flamands perdent toute crainte de la cavalerie française. Plutôt que de chercher à disperser l’ennemi ou à l’affaiblir par de simples escarmouches, ils engagent une lutte au corps à corps déterminée. Les goedendags, ces lourds bâtons ferrés terminés par une pointe, permettent de transpercer à la fois les chevaux et les cavaliers désarçonnés. Les miliciens, bien organisés en formations serrées, maintiennent leurs rangs malgré les charges répétées, et massacrent sans pitié les chevaliers tombés au sol. Ce renversement de situation montre combien l’infanterie bien disciplinée peut être redoutable contre des troupes traditionnellement considérées comme supérieures.
La violence du combat est telle que la chevalerie française subit des pertes considérables, parmi lesquelles de nombreux nobles et chevaliers de haut rang. La capture ou le ramassage des éperons d’or – attributs prestigieux des chevaux de ces nobles – par les Flamands devient un symbole de leur victoire, donnant à cette journée son nom de bataille des Éperons d’or. Ce triomphe inattendu sonne comme un coup de tonnerre dans l’Europe médiévale et illustre l’émergence progressive de nouvelles formes de guerre où l’infanterie peut rivaliser avec la cavalerie.
Au-delà de l’aspect strictement militaire, cette victoire des milices flamandes a une portée politique majeure. En battant l’armée royale française, ces combattants issus de villes marchandes et artisanales affirment non seulement leur bravoure, mais aussi leur détermination à défendre leur autonomie face à l’autorité monarchique. La bataille renforce le sentiment d’identité collective en Flandre et marque une étape symbolique dans la lutte pour l’autonomie régionale, un thème qui transcendera les siècles suivants dans la mémoire flamande et belge.
La corroboration des chroniqueurs
Sans tenir compte de ce que le témoignage du moine de Clairmarais, postérieur de trente ans à l’événement, aurait perdu toute force devant le puissant faisceau de textes probants que nous avons réunis, il semble que, loin de se contredire avec les chroniqueurs français, il tendrait plutôt à les confirmer.
Nous croyons avoir montré que, si nous considérons le fait principal du combat, tous les chroniqueurs se confirment les uns les autres. Aussi pourrions-nous déjà conclure sans crainte de nous tromper. Voici encore plusieurs textes d’un tel poids que seuls ils suffiraient à fixer la vérité.
Documents d’archives
Notre confrère et ami M. I. Moranvillé nous a indiqué, dans un recueil de pièces manuscrites de la Bibliothèque nationale, des détails qui enrichissent notre compréhension de ces événements.
Questions-Réponses
Les principaux acteurs sont les chevaliers français et les Flamands.
Les Flamands ont frappé les chevaux des chevaliers à leur approche, ce qui a entraîné des chutes et des pertes parmi les cavaliers.
Le témoignage du moine de Clairmarais semble corroborer les récits des chroniqueurs français, malgré son caractère postérieur à l’événement.
Benoît d’Aniane réformateur majeur du monachisme carolingien