Louis VI le Gros 1081 – 1137

Louis VI le gros

Avant de devenir Louis VI le Gros et de monter sur le trône, le jeune Louis avait déjà montré qu’il n’était pas de nature à se laisser faire. En effet il avait réussi à résister aux terribles appétits de sa belle-mère.

Louis VI le Gros, roi de France

De fait, tout au long de son règne il fera preuve d’une grande énergie que son surnom, du à son embonpoint, ne laisse peut-être pas supposer.

Lorsque Philippe mourut, Louis avait déjà l’expérience du gouvernement du royaume duquel son père s’était détaché. En 1108, il devient officiellement roi de France. Mais il devait déjouer l’hostilité de sa belle-mère Bertrade de Montfort qui avait su constituer autour d’elle un solide réseau d’alliances au sein même de la cour.

C’est pour cette raison que le roi préféra se faire sacrer à Reims pour éviter tout complot.

Louis épousa une princesse qui, d’après ses contemporains, n’avait rien d’une beauté. Mais Adelaide de Savoie se montra une épouse compréhensive et dévouée.

Elle donna sept fils (mais un mourut en bas âge) et une fille à la Couronne. C’est la première reine qui eut un véritable rôle politique puisqu’elle avait un droit de regard sur les affaires et participaient aux décisions importantes.

Un pouvoir fragile

La situation du royaume n’était plus la même qu’aux premiers temps Capétiens. De grandes principautés s’étaient formées, une sorte de centralisation du pouvoir s’était opérée; on était passé d’un pouvoir de petits seigneurs à un pouvoir de princes.

Et le roi de France, Louis VI le Gros était l’un de ces princes. Les Anglais étaient présents en Normandie. Foulques V affirmait son pouvoir en Anjou. En Flandre le problème était complexe. Guillaume Cliton (petit-fils du Conquérant et Thierry d’Alsace (petit-fils de Robert le Frison) étaient candidats.

Le candidat du roi était Guillaume, et ce fut Thierry qui l’emporta. Mais la suzeraineté du roi de France sur la Flandre s’en trouva renforcée.

Il n’en était pas de même en Normandie. Henri Beauclere, duc de Normandie et roi d’Angleterre voulait reprendre le Vexin. Le Capétien dut céder aux traites de Gisors et de Bremule. Louis ne réussit pas à faire prendre parti au pape contre Henri. Heureusement ce dernier mourut sans héritier. Mais avec une héritière !

Le mariage de Mathilde avec lc fils de Foulques V, Geoffroy le Bel, mit un terme à la guerre entre la Couronne et la Normandie d’une manière qui ne satisfaisait pas Etienne de Blois.

La situation était préoccupante pour le roi de France puisque la Normandie se retrouvait alliée à l’Anjou. Le comte d’Anjou, Geoffroy le Bel, plus connu sous le nom de Guillaume Plantagenet, père du celèbre Henri, risquait d’être contesté en Normandie. Une guerre interne pouvait découler de cette succession difficile.

Louis VI et l’administration du royaume de France

C’est effectivement ce qui se passa, pour le bien du voisin royaume de France. Cette guerre entre les maisons de Blois et d’Anjou pour la Normandie rendit service à Louis VI puis a Louis VII. Il faut également signaler à cette période le ralliement à la Couronne de Guillaume d’Aquitaine, ralliement qui sera conforté par le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec le futur Louis VII.

Louis VI eut un grand rôle dans la mise en place de l’administration du royaume. Il sut s’entourer de personnes compétentes telles que l’abbé de Saint-Denis, Suger.

A cette période de I’histoire capétienne l’administration monarchique devient une réalité. Le domaine est mis en valeur, des privilèges sont accordés aux villes, des communes rurales sont créées.

Le roi se montra également très méfiant vis-a-vis de l’hérédité des offices qui commençait à devenir de règle.

On doit également à Louis VI d’avoir apporté une relative paix en Ile-de-France. Il réussit à débarrasser le domaine royal des bandes de pillards qui savaient se rendre maitres des châteaux féodaux.

Thomas de Marle, Hugues du Puiset ou Hugues de Crecy furent vaincus par l’opiniâtreté du Capétien qui entendait bien être maitre chez lui. Louis fut toujours constant dans ses efforts militaires.

Un bon roi

Fermeté, résolution, mais aussi clairvoyance, sont sans doute les qualités majeures que l’on peut retenir de ce roi. Dans tous les domaines, il montra qu’il avait compris d’ou venaient les dangers.

C’est ainsi que la royauté put lentement sortir de l’obscurité dans laquelle elle s’était jusqu’alors tenue.

Tel fut (parait-il) le dernier conseil que Louis donna à son fils avant de mourir en 1137

« Souvenez-vous, mon fils, et ayez toujours devant les yeux que l’autorité royale n’est qu’une charge publique, dont vous rendrez un compte exact après votre mort. »

Louis VI, le Gros

Sources

Les mérovingiens

481-751

Les carolingiens

751-987