Charlemagne, Empereur des Francs, étend son pouvoir sur les Lombards et affirme sa suprématie face au pape Léon III. Sa vision du pouvoir combine campagnes militaires, contrôle des territoires et autorité spirituelle. Ce texte explore son rôle politique, ses relations avec l’Église et le sacre impérial, illustrant l’histoire médiévale et la discipline royale.
Sommaire
- Charles face aux Lombards et au pape
- La vision du pouvoir et l’équilibre avec l’Église
- Le sacre impérial
Charles face aux Lombards et au pape
La campagne contre les Lombards permet à Charles de devenir, à terme, l’empereur Charlemagne. Dès 774, le pape Adrien le reçoit à Rome avec tous les honneurs lors des fêtes de Pâques. À cette occasion, il réaffirme le lien privilégié qui unit le royaume franc au Saint-Siège et un accord définit plus précisément les limites entre le royaume lombard et les terres administrées par l’Église.
Cependant, Charles n’en tient guère compte. Il ne restitue quasiment aucune des terres annexées par les précédents rois lombards et intervient à plusieurs reprises à Trévise, en Istrie ou dans le duché de Bénévent. Il néglige également de rendre au pape les domaines de l’Église situés sur ses terres. Le pape proteste par une correspondance fournie, mais Adrien ne peut s’opposer à la puissance croissante de Charles.
Le roi comprend que le morcellement de la péninsule italienne est un facteur de troubles et d’instabilité et entend conserver durablement le contrôle de cette région. Il nomme son fils Pépin roi des Lombards dès 781, sans obtenir gain de cause de la part du pape.
La vision du pouvoir et l’équilibre avec l’Église
Après la mort d’Adrien et l’élection de son successeur Léon III en 795, Charlemagne envoie une lettre de félicitations qui reflète sa vision du pouvoir :
« À moi, il appartient, avec l’aide du souverain pontife, de défendre en tous lieux la sainte Église du Christ par les armes : au-dehors contre les incursions des païens et les dévastations des infidèles ; au-dedans en la protégeant par la diffusion de la foi catholique. À vous, Très Saint Père, il appartient, élevant les mains vers Dieu comme Moïse, d’aider par vos prières au succès de nos armes. »
Charlemagne reconnaît au pape un pouvoir uniquement spirituel, sur lequel il empiète de plus en plus souvent. Ce déséquilibre est renforcé par l’opposition interne à laquelle Léon III est confronté.
Le sacre impérial
En 799, le pape Léon III est attaqué et roué de coups. Il doit sa vie à l’intervention de deux missi dominici de Charles. Durant l’été, encore convalescent, il se rend en Saxe pour demander l’aide de Charles. Ce dernier accepte et accompagne le pape à Rome en novembre 800.
Le 1er décembre, Charles met en place une cour de justice composée de religieux et de laïcs pour entendre les plaintes concernant le pape et ses réponses. Le pape est subordonné à la justice du souverain. Le 23 décembre, Léon III est réhabilité par Charles.
Le jour de Noël, un bouleversement de l’ordre établi a lieu : le pape sacre Charles empereur des Romains et se prosterne devant lui, conformément à la coutume établie depuis Dioclétien.
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