Louis IX dit Saint Louis 1214 – 1270

Louis IX dit Saint Louis

S’il est un roi qui est resté gravé dans la mémoire de tous, c’est bien Louis IX plus connu sous le nom de Saint Louis. Peu de souverains ont été représentés par des images d’Epinal, et des scènes telles que le bon roi rendant la justice sous un chêne à Vincennes, ou encore lavant les pieds aux lépreux, sont présentes dans tous les esprits.

Sommaire

Cette fortune, Louis IX la doit bien sûr à sa canonisation qui eut lieu en 1297. Louis IX est
ainsi l’un des rois du Moyen Age les mieux connus. De nombreuses biographies ont en effet été
rédigées de son vivant ou peu après sa mort. Parmi cette abondante littérature, il faut citer la
chronique écrite par son compagnon de toujours, Joinville. On connait donc parfaitement cette dévotion exemplaire qui a fait la grandeur de ce roi. Louis IX passa la majeure partie de son règne à
lutter contre les infidèles pour tenter de reprendre Jérusalem.

Sa bonté ne connaissait pas de limite. Mais aujourd’hui les historiens s’accordent à penser que le pieux roi était loin d’être tolérant avec les hérétiques et que son entêtement à vouloir reprendre une Jérusalem manifestement imprenable coûta la vie à un très grand nombre de croisés.

La notion de sainteté a évolué et il n’est pas certains que Saint Louis serait jugé de la même façon. Mais gardons-nous des comparaisons anachroniques. Ce qui nous intéresse ici est que Louis XI ait été jugé un saint homme par ses contemporains.

Pourquoi Blanche de Castille Assure-t-elle la régence de la France ?

Dans ces derniers souhaits, Louis VIII avait insisté auprès de ses barons sur un point très précis : conserver la couronne à son jeune fils. La régence devait être implicitement assurée par la reine Blanche de Castille.

Le jeune Louis IX n’était en effet âgé que de douze ans et la régence devait durer huit ans. Le jeune royaume de France ne s’était jamais trouvé dans telle situation, où le gouvernement était entre les mains d’une femme et d’un enfant. Par la fermeté de son caractère, la reine Blanche sut parfaitement mener à bien cette première régence féminine. Pourtant la tache était rude car beaucoup voyaient dans cet intermède dynastique le moment opportun pour recouvrer quelque pouvoir ou territoire qu’ils avaient perdu.

Il faut néanmoins tenir compte du fait que l’on n’était plus aux premiers temps de la dynastie capétienne et que l’ombre de Philippe Auguste planait encore sur le royaume. Autant dire que la monarchie française était alors au faîte de sa puissance. Le royaume de France était le plus
riche d’Europe et un certain charisme émanait du roi. Qu’allait il en être d’un enfant ?

Un royaume de France divisé

Les régions les plus à craindre étaient la Bretagne et la Marche. Elles étaient sur le point de
s’allier à l’ennemi héréditaire du roi de France, le roi d’Angleterre. Pour cette raison au lendemain même du sacre, Blanche de Castille fut dans l’obligation de lever une armée. La reine entendait ainsi relever fièrement le défi que l’histoire lui lançait, et montrer qu’elle n’était pas de nature à se
laisser faire. Le conflit se régla une fois encore par des mariages.

Les filles des comtes rebelles furent fiancées aux frères de Louis IX. Mais Blanche de Castille n’aurait pas eu suffisamment de fils pour toutes les régions susceptibles de s’insurger (bien qu’elle ait eu douze enfants). En1228 il y eut une tentative d’enlèvement du jeune roi. Ce fut un nouvel échec. On plaça Louis sous la protection des bourgeois de Paris. Voilà qui devait calmer les plus turbulents vassaux. Car heureusement, “la veuve et l’orphelin” n’avaient pas que des ennemis. Et cette première régence de France fut une réussite.

Comment Louis IX devient roi ?

Avant d’avoir atteins sa majorité, le jeune Louis ai ait épousé Marguerite de Provence. On a dit qu’en épousant Marguerite, Saint Louis avait épousé la Méditerranée. Vaste programme! Il est certain que Marguerite apporta à la Cour de France certains traits des cours méridionales. Par ailleurs, Marguerite eut à subir cruellement l’autorité de sa belle-mère. Le jeune roi lui-même qui se
trouvait suffisamment encadré et n’était pas loin de trouver sa mère envahissante, ne
tenait pas à ce que Marguerite s’occupât des affaires de l’Etat. Elle se contenta donc
d’enfanter pour la France. Elle s’acquitta d’ailleurs fort bien de sa tâche puisqu’elle eut onze
enfants.

Et la passation de pouvoir entre la mère et le fils eut lieu.

Louis avait vingt et un ans. Mais Blanche, forte de son expérience, garda toujours une grande Influence sur son fils. Ce que l’on retient souvent du règne de Saint Louis est le faste des cérémonies qui furent données.

La politique des apanages

Les détails de ces réceptions sont connus grâce à Joinville. C’est d’ailleurs à une réception donnée à Saumur que le jeune Joinville rencontra le roi. Ils ne devaient plus se quitter. Le prétexte de cette fête était que le jeune frère du roi, Alphonse, recevait le Poitou et l’Auvergne en apanage. Saint Louis inaugura la politique des apanages. Charles recevait l’Anjou en apanage et Robert l’Artois. Ces régions se trouvaient donc directement sous la tutelle du roi. Ces fêtes étaient, certes, l’occasion de festins, mais elles devaient faire connaître la puissance du souverain (comme les Panathénées dans l’Antiquité), auprès des barons de la région mise en apanage. Saint Louis commença en cela une politique de prestige qui sera reprise à quelques exceptions près jusqu’en 1789.

Mais cette somptueuse réception de Saumur n’y suffit pas, et Hugues le Brun, comte de la
Marche, fomenta une coalition contre Alphonse de Poitiers. Il trouva un allié complaisant en
la personne du roi d’Angleterre Henri III. Saint Louis leva immédiatement une armée et vainquit les
coalisés au pont de Taillebourg dans une bataille restée célèbre. Mais c’est à Saintes qu’il eut
définitivement raison de ses ennemis. Cependant le roi de France tenait à régler de manière
“légale” ce conflit qui risquait d’amener les deux souverains à reprendre les armes
ultérieurement. Le traité de Paris accordait à Louis IX la Normandie, l’Anjou, le Maine et le
Poitou. Le problème anglais était réglé pour quelque temps.

Pourquoi Saint Louis part en croisade ?

Tout était en place pour organiser la croisade. Saint Louis pouvait partir tranquille, il savait
que sa mère était capable de prendre les choses en main pendant son absence. En 1244, le roi fut
gravement malade. Il toucha les reliques de la Passion et fut miraculeusement guéri. C’est ce qui
le décida à partir en Terre sainte. Tout son entourage n’était pas convaincu car la reine était
âgée. La tradition voulait que chaque année à Noël le roi offrit à chacun de ses chevaliers un
manteau.

En l’année 1243, les manteaux étaient ornés d’une croix rouge. Le message était clair et chacun comprit la détermination du roi.
La situation en Terre sainte était la suivante : Jérusalem avait été dévasté par des mercenaires turcs à la solde du sultan d’Egypte. Les chrétiens avaient été battus à la Forbie et leurs positions étaient menacées.

Le 12 juin 1248, Saint Louis prit solennellement son bâton de pèlerin en l’abbaye de Saint-Denis. Le convoi de vingt-cinq mille hommes et huit mille chevaux prit la route d’Aigues—Mortes qui était le port d’embarquement.

La première étape fut Damiette dont la prise fut aisée. Les croisés comptaient ensuite atteindre le Caire. Mais les musulmans les attendaient de l’autre côté du fleuve de la Mansourah. La guerre dura deux mois. Les infidèles creusaient la rive du fleuve et les croisés n’arrivaient pas à avancer.
Par ailleurs, ils étaient coupés de Damiette et les vivres commençaient à manquer. Le roi décida
alors que la retraite était plus raisonnable. Mais une épidémie de peste s’était déjà déclarée et
le roi, très affaibli, avait du mal à se maintenir à cheval. Il fut fait prisonnier avec douze
mille hommes.

Libération de Saint Louis et l’épisode de la « marche des Pastoureaux »

Pour être libéré, il fut dans l’obligation de rendre Damiette et de payer une rançon de quatre cent mille livres. Pour ce faire, il dut emprunter aux riches moines-chevaliers qu’étaient les Templiers. Par ailleurs, les nouvelles de France n’étaient pas excellentes. La reine Blanche essaya de persuader son fils de rentrer. Il y avait davantage de défections parmi les croisés que de nouveaux arrivants.

Néanmoins, le roi ne se décida pas à rentrer. Au total, il resta quatre ans en Palestine. Il
contribua à fortifier les quatre villes qui restaient aux mains des chrétiens, à savoir, Acre, Tyr,
Sidon et Jaffa. En 1254, la santé de sa mère étant plus que mauvaise, il se décida à
rentrer.

La septième Croisade resta un échec malgré l’acharnement du roi.

A son retour Louis fut accueilli comme un héros. Le plus grave évènement qui avait eu lieu pendant son absence était la tristement célèbre marche des Pastoureaux, une croisade d’enfants et de pauvres gens qui suivirent un illuminé, le “Maître de Hongrie”. Mais comme les choses tournèrent au brigandage et même à l’hérésie, la horde des Pastoureaux se termina par un massacre, la reine Blanche ayant ordonné à ses prévôts de sévir.

Comment Louis IX a renforcé le pouvoir royal ?

Sur le plan intérieur, Louis IX fut un grand légiste. Non seulement, il lui arrivait de rendre
lui-même la justice, mais, surtout, il fut à l’origine de grandes innovations en la matière. Il
créa à l’intérieur de la cour une section judiciaire composée d’hommes de loi. Cette section est
l’ancêtre du Parlement de Paris. Il mit également en place des sortes d’enquêteurs royaux qui
étaient chargés de contrôler le travail des baillis et sénéchaux. Par ailleurs, il interdit les
guerres privées dans ses domaines. Le duel judiciaire était également proscrit. Enfin il
encouragea l’enseignement et créa des hôpitaux comme celui des Quinze-Vingts. Rappelons par
ailleurs qu’on lui doit la construction de la Sainte-Chapelle, sorte de châsse gigantesque qui
devait abriter les reliques de la Passion qu’il avait acquises.

Mais comme il le disait lui-même, Louis IX était chrétien avant d’être roi. C’est pour cette
raison qu’il faisait appliquer au fer rouge une fleur de lys sur la bouche des blasphémateurs.

Mort de Louis IX dit Saint Louis

C’est pour cette raison également qu’il projeta, à partir de 1267, une nouvelle expédition en
Palestine. Il ne trouva personne pour l’approuver dans son entourage. Voici par exemple ce
qu’en pensait Joinville : “Si nous ne nous croisons pas, nous perdons l’amitié du roi, si nous
nous croisons, nous perdons l’amitié de Dieu, car nous ne nous croisons pas pour lui, mais par peur
du roi.”
Malgré cela mille hommes embarquèrent une nouvelle fois à Aigues-Mortes en 1270. La tactique n’était pas la même ; les croisés souhaitaient convaincre l’émir de Tunis. Pour cette raison, ils se rendirent à Tunis où un malentendu déclencha le combat. Déjà une épidémie s’était déclarée à bord. Mais la proximité des cadavres et le manque d’eau pure furent fatals au roi et à bon nombre de ses compagnons.

Louis IX fut atteint de dysenterie. Peu avant sa mort, il vit décéder son fils Jean Tristan âgé de vingt ans. Ce coup l’abattit définitivement. Philippe III, le nouveau roi, ramènera à Saint-Denis les ossements de son père qui déjà, avant même la canonisation, étaient considérés comme des reliques.