Ce texte traite des échanges diplomatiques entre les nations européennes à l’aube de la Première Guerre mondiale. Il met en lumière les refus de médiation et les tensions entre l’Allemagne, l’Autriche et les autres puissances. Les déclarations des diplomates révèlent les enjeux et les positions de chaque pays face à la crise.
Sommaire
- Réponses de Sir Edward Grey
- Refus de médiation par l’Autriche
- La thèse du préambule du Livre blanc allemand
- Abandon du prétexte de dignité
Réponses de Sir Edward Grey
À M. Jules Cambon, il tenait le même langage, le même jour (Livre jaune n° 74). Sir Edward Grey répond à sir Edward Goschen, immédiatement, que l’interprétation donnée par M. de Jagow au projet de conférence est complètement erronée. Il n’est pas question d’arbitrage, mais d’un examen privé et non protocolaire, afin de découvrir une base d’arrangement (Livre bleu anglais n° 67).
Sir Edward Grey ajoute, dans le télégramme suivant, qu’il laisse l’Allemagne entièrement libre de proposer elle-même le modus operandi (Livre bleu, n° 68).
Refus de médiation par l’Autriche
M. de Schoen, le 28, dit à M. Bienvenu-Martin, que c’est l’Autriche qui refuse une médiation qui affecterait la forme d’un arbitrage ou d’une conférence (Livre jaune n° 78). Or, le même jour, le comte Szogyeny, ambassadeur d’Autriche à Berlin, télégraphie au comte Berchtold :
« La proposition de médiation faite par l’Angleterre d’après laquelle l’Allemagne, l’Italie, l’Angleterre et la France se réuniraient dans une conférence à Londres, a été rejetée par l’Allemagne, qui allègue qu’il lui est impossible de citer son alliée devant un tribunal européen dans son différend avec la Serbie » (Livre rouge austro-hongrois n° 35).
La thèse du préambule du Livre blanc allemand
C’est la thèse du préambule du Livre blanc allemand : « Nous ne pouvions citer l’Autriche, dans son différend avec la Serbie, devant un tribunal européen ».
Abandon du prétexte de dignité
Aujourd’hui, M. de Jagow abandonne ce prétexte de la dignité autrichienne, dont le gouvernement allemand a joué pendant toute la crise ; il avoue que, sachant d’avance qu’une conférence condamnerait la politique austro-allemande, il n’en a voulu à aucun prix. La conférence aurait exigé la paix. L’Allemagne voulait le triomphe de sa politique ou la guerre.
Questions-Réponses
Sir Edward Grey a tenté de clarifier la situation en répondant à sir Edward Goschen, en affirmant que l’interprétation de M. de Jagow était erronée et qu’il n’était pas question d’arbitrage.
L’Autriche a refusé la médiation car elle ne voulait pas que son différend avec la Serbie soit soumis à un tribunal européen, ce qui aurait pu compromettre sa position.
L’Allemagne a rejeté la proposition de conférence, arguant qu’il lui était impossible de citer son alliée, l’Autriche, devant un tribunal européen, et a préféré maintenir sa politique ou entrer en guerre.