Quelles sont les conséquences de la Première Guerre mondiale ?

Conséquences Première Guerre mondiale

Les conséquences de la Première Guerre mondiale sont terribles : elles préparent la Seconde Guerre mondiale. L’Europe est remodelée par les traités de paix.

Les frontières bougent mais les peuples restent. Ce sera autant de graines fertiles pour les opposants de la paix. Le contexte économique n’est pas en reste, l’Europe est ruinée et les vainqueurs se servent sur les vaincus : Vae Victis.

1920, tous les éléments sont placés. Il ne reste plus qu’aux acteurs à jouer leurs rôles pour entrainer le monde dans une nouvelle folie.

Sommaire

Le 11 novembre 1918, à 11 heures du matin, le «silence s’étend sur l’Europe». Après plus de cinquante mois, le fracas des armes s’est tu, et la paix recouvre enfin les champs de bataille.

Mais le silence est lourd d’horreur et de douleur, car 18,6 millions d’humains ont été anéantis par suite de la plus effroyable des guerres que l’Histoire ait connue jusque-là.

La conférence de Versailles

Au moment de conclure la paix, l’humanité entière, et surtout l’Europe, est dans l’anxiété et l’attente.

Tous les peuples sont las de la guerre. Il faut créer un monde nouveau et meilleur. Le 18 janvier 1919 est inaugurée au château de Versailles la Conférence de la Paix, grande réunion des puissances décidées à instaurer une paix définitive.

Tous les pays vainqueurs sont représentés. Les délégués des quatre plus importants sont le président du Conseil Georges Clémenceau pour la France, le Premier ministre Lloyd George pour l’Angleterre, le président Woodrow Wilson pour les Etats-Unis et le président du Conseil Victor-Emmanuel Orlando pour l’Italie.

Les vaincus ne sont pas présents.

Les travaux de la Conférence ne laissent pas d’être orageux, car chacun des participants est venu à Paris avec un lourd programme de revendications et de prétentions. Chaque pays s’efforce de tirer des discussions le plus grand profit possible.

Finalement, on se met d’accord sur le programme rédigé en 14 points par le président des Etats-Unis, Wilson. Pour répondre au 14° point, les Alliés, avant même de rédiger les traités, acceptent d’instaurer un organisme international d’un type nouveau, la Société des Nations où S. D. N. (28 avril 1919). Celle-ci aura pour mission de « développer la coopération entre les nations » et de leur « garantir la paix et la sécurité ».

Conséquences de la Première Guerre mondiale, les traités de paix et le « diktat » de Versailles

Enfin, l’on en vient à la signature des traités de Paix. Les cinq plus importants sont :

  • Le traité de Versailles, signé avec l’Allemagne le 28 juin 1919;
  • Le traité de Saint-Germain-en-Laye, conclu avec l’Autriche le 10 septembre 1919
  • La paix de Neuilly, négociée avec la Bulgarie
  • Le traité de Trianon, passé avec la Hongrie
  • Le traité de Sèvres, signé avec la Turquie en 1920.

Ces traités contraignent les Etats vaincus à payer de fortes « réparations », en espèces et en nature, aux puissances victorieuses et à subir des changements profonds ou des mutilations de territoire.

Ainsi naît la nouvelle Europe, dont la carte de géographie est considérablement modifiée. Les traités contiennent un certain nombre d’erreurs dont les conséquences se montreront vite très graves.

En particulier, les peuples vaincus acceptent difficilement des conditions «imposées » et non négociées. Les Allemands sont ulcérés de ce qu’ils considèrent comme un « diktat » intolérable.

La fin des quatre empires

Les traités de paix consacrent la fin de l’empire allemand, de l’empire d’Autriche et de l’empire ottoman; à l’est, la fin de la guerre entre les puissances centrales et la Russie, et la révolution russe d’octobre 1917 ont mis fin à l’empire russe. Dans l’Europe de 1918, quatre empires ont donc disparu.

L’Autriche, qui comprenait l’immense État des Habsbourg étalé en Europe centrale, est morcelée en quatre nouveaux États de petites dimensions : l’Autriche, la Yougoslavie, la Tchécoslovaquie et la Hongrie. D’autre part, l’Italie reçoit le Trentin et le Haut Adige, la Vénétie Julienne et Trieste.

L’Autriche nouvelle devient une petite république de 84 000 kilomètres carrés, abritant 6 500 000 habitants, soit presque toute la population allemande de l’ancien empire austro-hongrois.

Elle se trouve dans un véritable chaos, ses finances ruinées, son économie brisée. Avec la disparition des Habsbourg, les jeunes, désorientés et ignorants des anciennes traditions impériales, se souviennent seulement qu’ils étaient Allemands et n’auront bientôt
qu’un désir : s’unir à l’Allemagne.

Ainsi, les hommes politiques de Versailles ont-ils créé eux-mêmes les conditions les plus favorables au futur développement du « Reich» allemand

La Yougoslavie est organisée autour de l’ancienne Serbie qui reçoit la Dalmatie, la Croatie, la Bosnie, l’Herzégovine et la Slovénie. Elle représente un grand royaume de 249 000 km2 et de 14 millions d’individus.

Remarquons toutefois que la Dalmatie avait été promise à l’Italie (à l’exception de Fiume, aujourd’hui Rijeka), lors du pacte de Londres (1914) au prix de sa rentrée en guerre aux côtés des Alliés. Son attribution à la Yougoslavie ulcérera donc l’Italie qui s’estimera dupée.

La Tchécoslovaquie est formée de territoires enlevés à l’Autriche et à l’Allemagne. Avec une superficie de: 140000 km2 elle compte 15 millions d’habitants dont 12 millions sont effectivement tchèques ou slovaques. Mais il faut compter avec les 3 millions. d’AIlemands des Sudètes qui désirent rallier leur patrie, ce qui constitue un motif de discorde.

La Hongrie aurait pu être un État fort et solide, et représenter un élément d’équilibre en Europe; on y installe une république indépendante de 93 000 km2 et de 9 millions d’habitants: mais les régions les plus prospères sont assignées à la Roumanie (Transylvanie) et à la Yougoslavie, ce qui a créé une situation difficile.

La conséquence de l’après Première Guerre mondiale : la seconde guerre mondiale

L’Allemagne sous le traité de Versailles

L’Allemagne doit verser aux vainqueurs d’énormes « réparations»; toutes ses colonies lui sont enlevées: d’autre part, elle doit désarmer sa flotte et démobiliser sur les frontières française et polonaise.

En réalité, son territoire n’est guère mutilé (70 000 km): elle doit seulement restituer aux autres pays, en toute justice, ce qu’elle leur a pris: l’Alsace-Lorraine à la France, une partie du Schleswig au Danemark et les districts d’Eupen et Malmédy à la Belgique.

Si ses pertes territoriales sont relativement réduites, ses frontières sont fixées d’une manière très discutable et 7 millions d’Allemands environ passent dans d’autres Etats (Tchécoslovaquie, Pologne, Dantzig); cette situation sera à l’origine du grave problème des minorités entre 1919 et 1939.

Ce n’est pas tout. Une deuxième erreur, d’une extrême gravité, est une des causes de la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945); elle
consiste à détacher Dantzig de l’Allemagne pour assurer à la Pologne un débouché sur la mer: ainsi est créé, en plein territoire allemand, un Etat autonome au service des Polo- nais, le fameux «couloir de Dantzig » qui coupe l’Allemagne en deux, séparant deux régions sœurs : la Poméranie et la Prusse orientale.

La Turquie et la fin de l’Empire Ottoman

La Turquie, alliée de l’Allemagne, comme l’Autriche, voit le crépuscule de son âge d’or. L’empire ottoman est démembré, perdant la Syrie, la Palestine, la Mésopotamie, l’Arabie, qui passent en partie sous « mandat » britannique ou français.

La Grèce

La Grèce reçoit presque toutes les possessions turques en Europe, presque toutes les îles de la mer Egée, l’administration de Smyrne et du territoire qui l’entoure. Cette décision est à l’origine d’une guerre. En 1922, en effet, les Turcs rentrent en possession de leur territoire, grâce à l’action de Kemal Ataturk.

La Russie diminuée par la révolution

La Russie sort de la guerre très diminuée. Après la révolution de 1917, ses frontières sont déplacées d’environ 500 kilomètres vers l’est; les territoires abandonnés passent, les uns à la Pologne, les autres à la Roumanie (Bessarabie); trois petits États sont créés sur . le littoral de la mer Baltique : la Lettonie, l’Estonie et la Lituanie.

La Finlande (profitant de la révolution russe) devient indépendante.

Évidemment, la création de ces États baltes laisse entrevoir des difficultés pour l’avenir. Un territoire immense donne sur la mer Baltique par une étroite bande côtière et demeure entravé dans le golfe de Finlande par trois petits États (qui, du reste, auront la vie brève).

L’Italie dans ses frontières naturelles

L’Italie reçoit le Trentin, le Haut Adige, la Vénétie Julienne et l’istrie. Elle se trouve donc dans ses frontières normales. Mais Fiume lui échappe, ainsi que la Dalmatie; en outre, contrairement aux promesses du Pacte de Londres, ses colonies ne sont pas agrandies.

Renaissance de la Pologne

La Pologne revoit enfin le jour, ce qui est à inscrire à l’actif des hommes politiques de Versailles. Ses vaillants habitants, après d’interminables luttes, retrouvent leur patrie. Mais la Pologne aussi est «construite » de manière arbitraire; elle est composée de vastes territoires repris à l’Allemagne, l’Autriche, la Russie, et devient un État très étendu (380 000 km2).

Sur les 30 millions d’habitants qui la peuplent, 19 millions à peine sont polonais, le reste se composant d’Allemands, de Russes et d’Ukrainiens.

La Bulgarie en proie aux troubles

La Bulgarie perd tout débouché sur la mer Egée, à l’avantage de la Grèce. Cette dernière se trouve donc avantagée mais, en Bulgarie, est né un mécontentement durable. Elle connaîtra de nombreux troubles, sans interruption de 1919 à 1934.

Conclusion des conséquences de la Première Guerre mondiale

L’Europe de 1920 n’a donc pas un équilibre stable. Si l’intention des hommes de Versailles a été de « bien faire la paix », force est de reconnaître que les règlements adoptés demeurèrent lourds de conséquences pour l’après-guerre. Il est vrai que la situation n’était pas facile à régler. Il eût fallu, pour le faire, des hommes politiques dotés d’une mentalité « européenne », résolus à traiter les problèmes d’un point de vue général et non sous un angle strictement national. Mais il était encore trop tôt pour envisager une pareille conception et cette «Europe artificielle» ne devait pas durer plus de vingt ans.

FAQ

Quel traité est vécu comme un diktat par l’Allemagne ?

Le traité de Versailles

Quels Empires s’éffondrent à la fin de la Première Guerre mondiale ?

L’empire allemand, l’Empire Austro-Hongrois, l’Empire Russe et l’Empire Ottoman

Quel pays renaît après la Première Guerre mondiale ?

La Pologne

Quand est appliquée l’armistice ?

11 novembre 1918, à 11 heures du matin, le «silence s’étend sur l’Europe»

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