La chute du Premier Empire

chute du Premier Empire

En 1810 la puissance du Premier Empire est parvenue à son apogée. Cependant ce colosse démesuré, qui semble de granit, cache une réelle fragilité, aussi bien en France qu’à l’étranger.

Sommaire

En France, la politique de Napoléon, devenant de jour en jour plus despotique, est désapprouvée par un mécontentement dans la population. En outre, de nouveaux contingents de soldats sont sans cesse levés, dépeuplant les campagnes, indisposant les masses rurales. Enfin, les morts de ces guerres continuelles se comptent par centaines de milliers.

Hors de France, le « Blocus continental » provoque une hostilité générale. La Russie devient moins sûre et plus dangereuse. L’’Autriche et la Prusse attendent avec impatience l’heure de la revanche.

L’Espagne, toujours en révolte, engloutit dans une lutte féroce les hommes et l’argent de la France. Quant à l’Angleterre, elle veille, prête à attaquer la France à la première occasion. Elle réussit à
détacher la Russie de la France et à former une 6° coalition.

La fin de l’alliance avec la Russie

Pourquoi, dans ces conditions, Napoléon se lance-t-il dans la folle aventure de Russie?

Le jeune tsar Alexandre 1er s’inquiète de l’extension de l’Empire napoléonien. Il est mécontent parce que Napoléon a rétabli et fortifié le grand duché de Varsovie, et qu’ainsi les Polonais reprennent espoir de voir leur nationalité renaître. Le Blocus continental ruine les producteurs de céréales, de chanvre, de bois de charpente, de viande de porc (dont l’Angleterre était
jadis un gros client).

Pour toutes ces raisons Alexandre Ier s’est détaché de l’alliance française et cherche peut-être à organiser une coalition des États européens contre la France.

La campagne de Russie

Napoléon prend l’offensive car il pense être le chef d’une coalition bien plus puissante encore, étant donné que ses effectifs sont composés, pour les deux tiers, de contingents étrangers :

« l’Armée des Vingt Nations », disent les Russes.

De leur côté, la Prusse et l’Autriche, vaincues mais non résignées, ont assuré secrètement le tsar de toute leur sympathie.

Pendant l’été de 1811, Napoléon, croyant à une campagne rapide, concentre en Allemagne son Armée des Vingt Nations. Environ 750 000 hommes (Français, Allemands, Polonais, Italiens, Espagnols, Portugais, Hollandais, Suisses, etc.), avec 3000 canons et 150 000 chevaux, affluent le long du Niémen, frontière naturelle entre la Pologne et la Russie.

Au début de l’année suivante, l’armée est prête à se mettre en route. Le 23 juin 1812, tard dans la soirée, les premières patrouilles traversent le fleuve. La Campagne de Russie commence.

Napoléon avance rapidement, mais ne réussit pas à accrocher l’ennemi qui se retire devant lui et devient insaisissable. Des marches épuisantes et interminables déciment les troupes, que les fourgons de ravitaillement ne peuvent suivre, et qui doivent tirer du pays de quoi vivre. Mais celui-ci, dévasté par les Russes en retraite, ne fournit presque plus rien. Les chevaux manquent d’avoine et meurent par milliers.

Le nombre des déserteurs augmente chaque jour. Des divisions entières fondent à vue d’œil.

Cependant l’armée avance toujours et, le 5 septembre, elle rencontre à l’improviste, sur les rives de la Moskova, près du village de Borodino, l’armée russe commandée par le généralissime Koutousof.

La bataille dure toute la journée du 7. Elle est effroyablement sanglante. Les Français réussissent finalement à battre les Russes, mais subissent des pertes terribles: environ 70 000 morts et blessés !

Toutefois la route de Moscou est ouverte et, le 14 septembre, Napoléon entre dans la capitale déserte et silencieuse. Il espère y faire reposer ses troupes, les réorganiser, soigner les blessés, mais il ne trouve qu’une inquiétante ville morte.

La nuit même de l’arrivée des Français, un incendie, probablement allumé par les Russes, se déclare dans un faubourg. Le lendemain, des quartiers entiers brûlent. Après d’inutiles propositions de paix, Napoléon, bien que vainqueur, commence à hésiter entre l’hivernage et le retour.

Finalement, le 19 octobre, il donne l’ordre de la retraite. Mais il est trop tard.

Le désastre de la retraite de Russie

La retraite tourne au désastre par suite d’un hiver précoce et d’une exceptionnelle rigueur. Vivres et abris sont introuvables dans le pays dévasté. Les chevaux survivants sont tués et mangés, les chariots et les canons abandonnés. L’armée est chaque jour plus décimée par le froid et par le harcèlement des cosaques. Cette masse d’hommes avance en silence, laissant derrière elle des milliers de cadavres que la neige recouvre aussitôt. Les soldats et les paysans russes attaquent les groupes isolés, les massacrant jusqu’au dernier. L’épisode le plus tragique est le passage de la Bérésina, 25-29 novembre 1812.

Le 16 décembre, les débris de l’armée napoléonienne, environ 50 000 hommes en haillons, repassent le Niémen. La campagne de Russie se termine par ce tragique bilan: 130 000 prisonniers, 280000 morts et disparus, plus de 50 000 déserteurs. Il n’y a plus de Grande Armée! (nom que portait l’armée impériale depuis 1805). Le prestige de Napoléon est terriblement atteint car toute l’Europe constate que les armées de l’Empereur peuvent aussi connaître la défaite.

A la nouvelle du désastre, tous les vaincus tressaillent d’espérance. L’hallali du Premier Empire peut commencer.

La défaite de Leipzig

Cependant, aux yeux de Napoléon, rien n’est encore perdu. Il est vaincu mais non désespéré. Plus que jamais il est persuadé qu’il relèvera l’Empire en faisant appel au patriotisme des Français.

Après le désastre de Russie, toutes les puissances que Napoléon a tenues en tutelle pendant des années se soulèvent. Le 17 mars 1813, la Russie et la Prusse s’allient pour déclarer la guerre à la France. L’Angleterre se range aussitôt à leurs côtés, suivie de la Suède et, plus tard, de l’Autriche.

Au prix d’un effort prodigieux, mais avec une rapidité extraordinaire, Napoléon réussit à remettre sur pied une armée d’environ 300 000 hommes. À la tête de ses troupes, il se porte en Saxe, en Allemagne centrale et, entre avril et mai, vainc les armées alliées a différentes reprises.

Mais ses succès sont de courte durée. À Leipzig, le matin du 16 octobre, il doit accepter, avec 160 000 hommes, la rencontre de 320 000 coalisés : Russes, Autrichiens, Prussiens. C’est une bataille terrible, au cours de laquelle les soldats de dix nations s’affrontent. L’armée française, vaincue et diminuée de moitié, doit repasser le Rhin.

L’invasion de la France et l’effondrement du Premier Empire

Cette fois, c’est la catastrophe ! Du 21 décembre 1813 au 1er janvier 1814, douze colonnes de troupes alliées autrichiennes, russes, prussiennes, suédoises, passent le Rhin, frontière entre l’Allemagne et la France, et envahissent la Lorraine et la Bourgogne. En même temps, le général anglais Wellington, définitivement vainqueur en Espagne, franchit les Pyrénées et pénètre : en France tandis que les troupes autrichiennes passent à l’attaque du royaume d’Italie.

Entre la Marne et Paris l’armée française se défend avec : l’énergie du désespoir; les batailles sont d’une violence inouïe. Napoléon se montre un stratège génial. Mais tout est inutile. Les adversaires sont trop forts et, le 31 mars 1814, le tsar de Russie et le roi de Prusse entrent à Paris.

Le 6 avril, le Sénat déclare déchu le régime napoléonien et décrète la restauration de la monarchie des Bourbons en la personne de Louis XVIII.

Le même jour, Napoléon abdique sans conditions. Les Puissances alliées lui conservent le titre d’Empereur et donnent, à celui qui a dominé toute l’Europe, la souveraineté de l’île d’’Elbe!

Les cent-jours et la restauration du Premier Empire

Le 4 mai, Napoléon, à bord de la frégate anglaise Undoubted, débarque à Portoferraio et prend possession de son petit royaume. Mais il n’est pas résigné pour autant. Quelques mois plus tard, il reçoit des nouvelles de France qui lui rendent l’espoir: le retour des Bourbons, accueilli au premier moment avec une certaine sympathie, suscite maintenant un mécontentement croissant. On est en train de revenir au vieux système rigide et absolutiste du temps passé.

De plus, la démobilisation ramène des milliers d’hommes dans leurs foyers, où ils ne trouvent pas de travail. Le blocus est alors levé et les marchandises anglaises inondent la France, provoquant une pénible crise dans l’industrie.

L’impopularité des Bourbons est telle que l’Empereur, au courant des mouvements de l’opinion en France, croit possible de reprendre le pouvoir. Échappant à la surveillance de la flotte anglaise, il quitte l’île d’Elbe, accompagné de 700 soldats, et débarque le 1er mars 1815 sur la côte de Provence.

La nouvelle du retour de l’Empereur se répand dans toute l’Europe comme une traînée de poudre et surprend les alliés réunis, depuis septembre 1814, en congrès à Vienne.

La marche de l’Empereur vers Paris, connue sous le nom de Vol de l’Aigle, dure 20 jours. Elle est triomphale. Les troupes que le roi a envoyées contre lui passent presque toutes sous ses
ordres. Le 20 mars, Napoléon entre à Paris. Il est porté en triomphe sur les épaules de ses soldats jusqu’au palais des Tuileries, d’où Louis XVIII s’est enfui précipitamment la veille.

Aussitôt, les alliés déclarent Napoléon « hors la loi ».

La bataille de Waterloo et la fin du Premier Empire

De nouveau c’est la guerre. Napoléon réussit à reconstituer une armée de 284 000 soldats réguliers et de 222 000 auxiliaires. Mais il a en face de lui plus de 600 000 hommes : Autrichiens,
Russes, Prussiens, Hollandais, Anglais.

Fidèle à sa tactique, l’Empereur décide d’attaquer le premier, pour éviter à la France les horreurs d’une guerre sur son propre territoire. Le 12 juin 1815 il quitte Paris et, le 15, il passe la frontière belge.

Le début des opérations est favorable aux Français qui, le 16 juin, enfoncent les rangs Prussiens. Mais, le 18, ils rencontrent les Anglais, rangés au pied du mont Saint-Jean, non loin du petit village de Waterloo (17 km au sud de Bruxelles).

Cette bataille est demeurée célèbre dans l’histoire, car elle provoqua l’écroulement définitif de l’empire de Napoléon. De onze heures et demie du matin jusqu’à-la nuit, Anglais et Prussiens
d’une part, Français de l’autre combattent avec un acharnement féroce. Les Français sont finalement battus et contraints à la retraite.

Napoléon rentre à Paris le 21 juin. Le 22 juin, les Chambres l’invitent à abdiquer de nouveau. L’héroïque aventure n’a duré que 100 jours !

Mort de Napoléon

Après avoir été l’homme le plus puissant de la terre, l’Empereur se retrouve solitaire et vaincu. La captivité l’attend pour six longues années dans la petite île de Sainte-Hélène où la mort, seule, en 1821, lui apporte enfin la paix.

Avec la chute du Premier Empire, la France retrouve à peu près ses frontières d’avant la Révolution. Mais l’œuvre de Napoléon ne doit pas mourir. Ses grandes innovations, dans les domaines politique, social, économique, juridique, vont contribuer essentiellement à la formation de l’Europe du XIXe siècle.

FAQ

Quand prend fin le Premier Empire ?

Le Premier Empire prend fin le 22 juin 1815 après la défaite de Waterloo et la seconde abdication de Napoléon.

Quel est le point tournant de l’histoire qui entraine la chute du Premier Empire ?

Le point tournant qui provoque la chute du Premier Empire est la retraite de Russie. La Grande Armée est saignée à blanc et le message envoyé aux vaincus est clair : la France n’est pas invincible !

A quelle date Napoléon abdique pour la Première fois?

Napoléon abdique une première fois le 6 avril 1814. Il est exilé sur l’île d’Elbe.

Comment s’appelle la période de reconquête du pouvoir par Napoléon après son premier exil ?

La marche de l’Empereur vers Paris, connue sous le nom de Vol de l’Aigle, dure 20 jours. Elle est triomphale. Les troupes que le roi a envoyées contre lui passent presque toutes sous ses
ordres. Le 20 mars, Napoléon entre à Paris. Il est porté en triomphe sur les épaules de ses soldats jusqu’au palais des Tuileries, d’où Louis XVIII s’est enfui précipitamment la veille.

Qui est décisif à la bataille de Waterloo ?

La bataille de Waterloo est une victoire des coalisés. Cependant, c’est les prussiens avec le Maréchal Blücher qui sont décisifs contre les français déjà très fatigués par les anglais. Les anglais était sur le point de craquer, Wellington dira : « Donner moi la nuit ou donner moi Blücher »

Où est mort Napoléon ?

Napoléon est mort exilé sur l’île de Saint Hélène

Quand est mort Napoléon ?

Napoléon est mort le 5 mai 1821

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