Napoléon, de premier consul (1800) à la fin de la 5e coalition (1809)

Napoléon à Austerlitz

L’ascension irrésistible de Napoléon Bonaparte et l’apogée de l’Empire français. Fraichement débarqué d’Egypte, il prend le pouvoir en tant que Premier Consul, ultime marche avant de se couronner Empereur. En un temps minime, Napoléon réorganise la France sur le plan intérieur avec par exemple le « code civil » et le concorda.

Militairement, il est aux prises avec les coalitions menées par l’Angleterre, son ennemi mortel. Là où la Grande Armée ne peut résoudre le problème, il le traite économiquement avec le Blocus Continental.

Sommaire

A « l’aube du 9 octobre 1799, la petite ville de Fréjus, sur la côte méditerranéenne, est en émoi. Dans le port, des dizaines d’embarcations se resserrent autour d’une petite frégate : la « Muiron » est en train d’accoster le môle. Sur les quais, par centaines, les gens crient et applaudissent.

Un général apparaît sur la passerelle: les vivats de la foule s’élèvent et redoublent. L’homme descend du bord, suivi de plusieurs officiers, et met pied à terre: c’est Bonaparte regagnant la France, laissant à Kléber le commandement de l’armée d’Égypte. Quelques jours plus tard, un accueil triomphal lui est réservé à Paris.

Un contexte favorable à la prise de pouvoir par le général Bonaparte

Il trouve la capitale dans une situation politique et militaire désastreuse. Les organes du gouvernement (les deux Conseils, qui détiennent le pouvoir législatif, et le Directoire, qui possède le pouvoir exécutif) sont composés d’orateurs sans prestige et d’hommes politiques sans autorité.

Le peuple est mécontent. La guerre, commencée l’année précédente contre l’Autriche, la Russie et l’Angleterre (2e coalition) a mal débuté bien que Masséna et Brune aient en partie rétabli la situation. En un mot, les conditions générales se prêtent à un coup d’État, propre à porter Bonaparte au pouvoir.

Par un soir mélancolique de novembre (9 novembre 1799), l’assemblée des Cinq-Cents est réunie dans la salle de l’Orangerie du parc de Saint-Cloud, près de Paris, pour discuter, ou plutôt approuver, un changement de régime qui accorderait les pleins pouvoirs à un triumvirat de consuls.

Le conseil des Cinq-Cents s’y oppose énergiquement, mais tout a été prévu : des unités de grenadiers, sous les ordres de Lucien Bonaparte et de Joachim Murat, font irruption dans
les salles et expulsent les députés.

Personne ne pleure sur la fin de ce gouvernement impopulaire : dans toute la France, au contraire, le coup d’État du 18 Brumaire (9 novembre) est accueilli comme l’aube d’une ère nouvelle.

Bonaparte, Premier Consul

Le 18 février 1800, une nouvelle constitution (la Constitution de lan VIII) est approuvée : les deux consuls « secondaires » sont pratiquement sans pouvoir, et Bonaparte devient « Premier Consul ». Il jouit d’une autorité presque absolue. Pendant les quatre années de ce consulat (1800-1804), il fait une œuvre gigantesque de reconstruction et de réorganisation. Il crée dans le pays un ordre politico-administratif parfait; établit un système d’impôts fondé sur les revenus, ce qui facilite la ne d’un «budget» régulier; institue le célèbre « Code civil »; il signe en 1801 un concordat par lequel le gouvernement français reconnait officiellement la religion catholique comme étant celle de la majorité des Français.

Campagne d’Italie et le génie de Napoléon Bonaparte

La création du Consulat ne résout cependant pas le problème militaire. En 1799, l’Autriche et l’Angleterre ont occupé presque tous les territoires conquis par la France en Italie et outre-Rhin; les frontières sont menacées. Bonaparte prend alors ses responsabilités : il écrit à l’empereur d’Autriche et au roi d’Angleterre pour leur offrir la paix. La réponse de l’Autriche est négative mais correcte; celle de l’Angleterre est insolente et presque agressive : elle veut ramener la monarchie en France!

Bonaparte cède alors la parole. au canon. Il traverse le Saint-Bernard avec 60000 hommes et tombe en avalanche sur les Autrichiens, en Lombardie et dans le Piémont, tandis qu’une autre armée pénètre, tel l’éclair, en Bavière (mai-juin 1800). L’Autriche, battue à Marengo, près d’Alexandrie (Piémont), et à Hohenlinden, en Bavière, s’empresse de demander la paix; celle-ci est conclue à Lunéville le 9 février 1801. Restés seuls, les Anglais redoutent une invasion; de plus, les milieux industriels et commerciaux, voyant que le riche marché français leur est fermé, demandent la paix.

Celle-ci est donc conclue en 1802 à Amiens: l’Angleterre reconnaît la République française dans ses limites et ses conquêtes. Mais cette paix est si peu sincère qu’elle ne peut durer.

Consul à vie

Bonaparte triomphe: la France est un État fort, compact, ordonné. Elle a vaincu ses puissants ennemis, atteint la limite de ses frontières naturelles (Pyrénées, Alpes, Rhin) et parvient à étendre son influence au-delà du Rhin et des Alpes.
L’accession progressive de Bonaparte au plus haut degré du pouvoir — le trône impérial — est tout à fait dans la ligne des événements.

Il parvient en 1802 à la première étape de cette marche vers le couronnement lorsque, en « témoignage éclatant de la reconnaissance nationale », il est nommé «Consul à vie», avec faculté de choisir un successeur. Il prend alors le nom de Napoléon Bonaparte.

Napoléon, Empereur des français

Depuis 1803, la guerre avec l’Angleterre a recommencé. D’autre part, les complots royalistes émeuvent l’opinion. Napoléon Bonaparte met alors à profit sa popularité et se fait donner par le Sénat, le 18 mai 1804, le titre de Napoléon I, Empereur héréditaire.

Mais, comme Charlemagne dont il prétend continuer la tradition, il veut être sacré par le pape. Il fait venir à Paris le souverain pontife, Pie VII, et, en l’église Notre-Dame, au cours d’une cérémonie qui revêt un faste inouï, se fait couronner solennellement le 2 décembre 1804.

Au printemps suivant, Napoléon se rend à Milan où il est proclamé roi d’Italie dans la cathédrale (26 mai 1805). Il en repart après avoir installé à sa place un vice-roi, son beau-fils Eugène de Beauharnais.

Le drame de Trafalgar et le sacre d’Austerlitz

Comme nous l’avons vu, peu de temps avant la proclamation de l’Empire, l’Angleterre avait rompu la paix d’Amiens au cours du printemps 1803.

Pour la seconde fois, Napoléon établit le long des côtes françaises de la Manche des forces gigantesques : plus de 150 000 hommes sont prêts à débarquer en Angleterre! Ils ne traverseront pourtant jamais la Manche, car la flotte anglaise y patrouille. Napoléon tente diverses manœuvres pour éloigner les escadres ennemies, mais toutes échouent.

L’amiral anglais Nelson porte le coup de grâce à ce rêve: à Trafalgar, non loin de Cadix, il détruit, le 21 octobre 1805, les flottes de la France et de l’Espagne.

Entre-temps, en avril 1805, l’Autriche et la Russie ont engagé la lutte aux côtés de l’Angleterre (3e coalition). Napoléon a dû faire front sur le continent et lancer des forces énormes contre l’Autriche qui doit capituler à Ulm (Allemagne) le 20 octotre 1805. D’Ulm, Napoléon court sur Vienne qui est occupée le novembre 1805. Puis, le 2 décembre, il inflige à l’armée russo-autrichienne une défaite retentissante : la célèbre bataille d’Austerlitz (en Tchécoslovaquie, à 100 km au nord de Vienne).

L’Autriche ploie alors sous le joug et, par la dure paix de Presbourg (26 décembre 1805), perd Venise, l’Istrie, la Dalmatie et les territoires qu’elle possède en Allemagne: en outre elle est obligée de reconnaitre l’organisation nouvelle établie par Napoléon dans l’Empire germanique qui est démembré en divers petits États placés sous protectorat français. C’est la création de la confédération du Rhin.

La campagne de Prusse et le blocus continental

Cependant la guerre n’est pas finie. La petite et belliqueuse Prusse, où les Français sont entrés par violence, prend la relève de l’Autriche : aux côtés de l’Angleterre et de la Russie elle entre dans la 4e coalition (septembre 1806).

La puissante machine de guerre qu’est l’armée française se remet donc en mouvement; la Prusse est écrasée à Iéna et ses troupes sont mises en déroute. De là l’Empereur poursuit vers Berlin; il y entre solennellement le 27 octobre, puis se dirige sur Varsovie. Il vise ensuite la Russie.

Les troupes françaises et russes se rencontrent près d’Eylau, en Prusse-Orientale, le 8 février 1807: sous une bourrasque de neige se produit alors un effroyable massacre; Napoléon lui-même en parle comme d’une « inutile boucherie ».

Au printemps suivant, les adversaires se mesurent à nouveau à Friedland (14 juin 1807), et la « Grande Armée » est victorieuse. Les Russes sont battus et demandent l’armistice.

La paix est signée à Tilsit (juillet 1807) et Napoléon se montre impitoyable pour la Prusse. De la Russie, au contraire, il réussit à faire son alliée. Il ne reste plus que la vieille, l’éternelle ennemie : l’Angleterre.

Ne pouvant l’attaquer directement, Napoléon se résout à la battre sur le plan économique : il ordonne donc le « Blocus continental », déclare tous les ports du continent fermés aux bateaux anglais et interdit tout rapport commercial avec la Grande-Bretagne.

Napoléon et le bourbier espagnol

Pour être efficace, le blocus économique exige pourtant le contrôle complet de l’Espagne et du Portugal ou, plus exactement, de leurs ports.

En 1807, l’armée napoléonienne occupe donc le Portugal, puis c’est le tour de l’Espagne. Le faible roi Charles IV est déposé, et Joseph Bonaparte monte sur le trône. Mais Napoléon a fait un mauvais calcul en ne tenant pas compte de la fierté et de l’orgueil espagnols.

Le 6 juin 1808, au nom de toute la nation, la « Junte centrale » (gouvernement révolutionnaire) de Séville « déclare solennellement la guerre, en mer et sur terre, à l’Empereur et à la France ». Pendant près de six ans, avec son cortège de massacres, de fusillades et de destructions, cette guerre atroce se déchaîna. Tout l’acharnement de la lutte se résume dans le siège de Saragosse.

La guerre de 1809 et la victoire de Wagram

Tandis que la guerre d’Espagne épuise lentement l’armée française et prépare la chute de l’Empire, Napoléon commet une autre erreur. Pour s’assurer le contrôle de certains ports italiens, il fait occuper militairement les États pontificaux (entre mai 1808 et mai 1809): les Marches sont incorporées au royaume d’Italie, le Latium et l’Ombrie annexés à l’’Empire. Le pape Pie VII est destitué du Saint-Siège, fait prisonnier, et emmené en France à Fontainebleau, où il reste pratiquement jusqu’à la chute de Napoléon (mai 1814).

Entre-temps, la résistance de l’Espagne a incité les Autrichiens à déclarer une fois de plus la guerre à la France le 11 avril 1809 (5e coalition). Napoléon se précipite pour repousser la nouvelle menace : plusieurs batailles sont livrées sur le Danube.

L’Empereur, après une difficile campagne, est finalement vainqueur à Wagram (5-6 juillet 1809), mais perd beaucoup d’hommes.

Cependant, l’Empire autrichien est encore battu; aussi Napoléon peut-il imposer les négociations du traité de Vienne (13-14 octobre 1809): l’Autriche perd encore 3 millions de ses sujets. En 1810, la France est à l’apogée de sa grandeur et de sa puissance : l’Empire s’étend des Pyrénées au Danemark et comprend les Pays-Bas, la Belgique, une partie de l’Allemagne et de l’Italie.

Il est entouré d’une couronne d’États vassaux : Espagne, Confédération du Rhin (soit l’union des États allemands, excepté la Prusse), royaume d’Italie, royaume de Naples; il est allié à la Russie et maintient la Prusse et l’Autriche sous son contrôle, tandis que le maréchal Bernadotte devient prince de Suède.

FAQ

Quand Bonaparte prend le pouvoir ?

Par un soir mélancolique de novembre (9 novembre 1799), l’assemblée des Cinq-Cents est réunie dans la salle de l’Orangerie du parc de Saint-Cloud, près de Paris, pour discuter, ou plutôt approuver, un changement de régime qui accorderait les pleins pouvoirs à un triumvirat de consuls.

Le conseil des Cinq-Cents s’y oppose énergiquement, mais tout a été prévu : des unités de grenadiers, sous les ordres de Lucien Bonaparte et de Joachim Murat, font irruption dans
les salles et expulsent les députés.

Personne ne pleure sur la fin de ce gouvernement impopulaire : dans toute la France, au contraire, le coup d’État du 18 Brumaire (9 novembre) est accueilli comme l’aube d’une ère nouvelle.

Quand Napoléon est sacré Empereur ?

Comme Charlemagne dont il prétend continuer la tradition, il veut être sacré par le pape. Il fait venir à Paris le souverain pontife, Pie VII, et, en l’église Notre-Dame, au cours d’une cérémonie qui revêt un faste inouï, se fait couronner solennellement le 2 décembre 1804.

Combien de coalition la France a-t-elle affrontée ?

7 coalitions

Quel est l’héritage le plus connu de Napoléon Bonaparte ?

L’héritage le plus connu de Napoléon Bonaparte est le code civil ou code napoléonien.

Quelle est la date de la bataille d’Austerlitz ?

Le 2 décembre 1805

Pourquoi le désastre de Trafalgar sauve l’Angleterre d’une invasion ?

Napoléon établit le long des côtes françaises de la Manche des forces gigantesques : plus de 150 000 hommes sont prêts à débarquer en Angleterre! Ils ne traverseront pourtant jamais la Manche, car la flotte anglaise y patrouille. Napoléon tente diverses manœuvres pour éloigner les escadres ennemies, mais toutes échouent.

L’amiral anglais Nelson porte le coup de grâce à ce rêve: à Trafalgar, non loin de Cadix, il détruit, le 21 octobre 1805, les flottes de la France et de l’Espagne.

Qu’est-ce que la Confédération du Rhin ?

L’Autriche ploie alors sous le joug et, par la dure paix de Presbourg (26 décembre 1805), perd Venise, l’Istrie, la Dalmatie et les territoires qu’elle possède en Allemagne: en outre elle est obligée de reconnaitre l’organisation nouvelle établie par Napoléon dans l’Empire germanique qui est démembré en divers petits États placés sous protectorat français.

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