Les obélisques de l’Égypte et du monde

Signification des obélisques

Les obélisques, rayons du dieu-Soleil sont des monuments forts de la période de l’Égypte antique. On les retrouves près des temples mais aussi à travers le monde par le jeu de l’histoire.

Sommaire

On raconte qu’au XVIe siècle av. J–C. un navire de 63 m de long sur 21 m de large quitta Assouan, port de la Haute-Égypte, et descendit le Nil en direction du village de Karnak.

Il était chargé de deux énormes blocs de syénite, longs de 22 m environ sur 2 m2 de base, pesant chacun près de 150 tonnes! Le pharaon Thoutmosis Ier voulait en effet faire placer, de part et d’autre du grand temple de Karnak, ces monuments qui demeurent très admirés de nos jours, les «obélisques ».

L’obélisque monument typique de l’Égypte antique

Monuments typiquement égyptiens, les obélisques (du grec obeliskos, broche à rôtir) ont la forme d’une aiguille quadrangulaire s’amincissant vers le sommet, et surmontée d’une pointe en forme de pyramide. À l’origine, une couche d’or ou d’alliage d’or et d’argent recouvrait leur pointe, et les rayons du soleil, en se reflétant sur cette surface métallique, lui donnaient de merveilleuses couleurs.

Obélisque en Égypte, vue d’artiste IA

Ces imposants blocs de pierre étaient taillés dans une roche rougeâtre, la syénite, extraite des carrières de Syène — l’actuelle Assouan — d’où son nom. Parfois aussi on utilisait une roche d’un gris sombre : le basalte.

De dimensions variées, les obélisques ont une hauteur allant de 2 à 40 m environ. Le plus grand, qui fut trouvé inachevé dans les carrières d’Assouan, mesure 41,71 m.

Les pharaons faisaient dresser près des temples ces monuments qui avaient pour eux une valeur religieuse (ils rappelaient en effet les rayons du dieu-Soleil, Amon-Rä). Souvent, des inscriptions gravées sur leurs différentes faces indiquaient la divinité à laquelle ils étaient dédiés, ainsi que le nom du roi qui les avait fait ériger.

La construction d’un obélisque

L’obélisque inachevé d’Assouan nous révèle les détails de construction de ce genre de monument. Après avoir choisi dans la carrière une surface lisse, compacte, sans défaut apparent, les Égyptiens la nettoyaient avec de fortes projections d’eau. Puis ils l’aplanissaient, suivant des dimensions déterminées, au moyen de pierres très dures, de 4 ou 5 kg chacune.

Ils délimitaient ensuite les proportions du futur monument et creusaient selon ce tracé des tranchées profondes. Les ouvriers avaient alors un travail fatigant et laborieux : ils devaient, dans ce fossé étroit, polir les faces latérales de l’obélisque.

Restait ensuite la face inférieure adhérant encore à la masse rocheuse : des coins de bois étaient enfoncés dans des trous creusés à cet effet à intervalles réguliers. Le bois, mouillé fréquemment, se dilatait en faisant éclater la roche.

Plusieurs milliers d’ouvriers étaient nécessaires pour sortir le bloc de pierre de cette fosse et le faire glisser sur des traverses de bois posées sur des quilles.

Ainsi transporté jusqu’au Nil, l’obélisque était ensuite chargé sur de grandes embarcations, puis lentement acheminé vers le temple auquel il était destiné.

Comment furent élevés les obélisques ?

Étant donné le poids des obélisques (certains pesaient près de 500 tonnes). Il était très difficile de les relever verticalement sur un piédestal.

Les étapes :

  1. Une cannelure, taillée dans le piédestal va recevoir un côté de la base de l’obélisque et empêcher le monument de glisser au cours de son élévation.
  2. Au moyen de leviers. l’obélisque est soulevé petit à petit tandis que des pierres comblent sans arrêt l’espace existant entre le sol et le monument.
  3. Le terre-plein ainsi formé atteint bientôt une hauteur suffisante pour donner à l’obélisque une position presque verticale; redresser complètement le monument devient alors un travail plus facile.

Les obélisques dans le monde

Les Égyptiens ont érigé des obélisques qui allaient toujours par paire, à la porte des temples Beaucoup de ces monuments ont été détruits par les tremblements de terre ou recouverts par les sables.

Parmi les plus grands obélisques (treize environ) élevés sous Thoutmosis Ier, à Karnak, il n’en reste que trois! Les quel-
ques autres qui existent encore se trou-
vent dans le voisinage de Karnak, sur l’emplacement de l’ancienne Thèbes, et à Héliopolis. C’est aux environs de cette dernière ville que l’on a retrouvé le plus ancien: il remonterait, pense-t-on, à 3 200 ans av. J.-C.

Plusieurs autres ont été transportés en Europe et en Amérique; Rome en possède une quarantaine; Constantinople, Paris, Londres et New York en ont aussi. Ceux de Londres et de New York sont jumeaux et ont été surnommés les « aiguilles de Cléopâtre »; ils datent de 1500 ans av. J.-C. environ.

Au coeur de Paris

A Paris, l’obélisque de Louksor, offert à Louis-Philippe par Méhémet Ali (pacha d’Égypte), fut dressé au milieu de la place de la Concorde en 1836. Un na- vire fut spécialement construit pour le transporter. Les noms de Ramsès II (qui le commença) et de Ramsès III (qui l’acheva) sont gravés sur deux faces du monument. Il marquait, avec un autre qui est resté sur place, l’entrée du temple d’Amon à Louksor. Célèbre par la finesse de ses hiéroglyphes, cet obélisque mesure 23,80 m et pèse environ 250 tonnes.

Érection de l’obélisque de Louxor à Paris

L’histoire du déplacement de ce monument fut un vrai roman à épisodes. 1829 : le pacha donne l’obélisque à Louis-Philippe. 1831: le navire conçu pour ce transport remonte le Nil jusqu’à Louksor; l’ingénieur Lebas invente des appareils étonnants pour lui permettre d’abattre l’aiguille de pierre sans l’abimer; ses diverses parties sont chargées sur le bateau. 1831: l’obélisque arrive à Paris. 1836 (enfin!): il est érigé place de la Concorde; sur son piédestal, sont reproduits les appareils de Lebas.

FAQ

A quoi servaient les obélisques ?

Les pharaons faisaient dresser près des temples ces monuments qui avaient pour eux une valeur religieuse (ils rappelaient en effet les rayons du dieu-Soleil, Amon-Rä). Souvent, des inscriptions gravées sur leurs différentes faces indiquaient la divinité à laquelle ils étaient dédiés, ainsi que le nom du roi qui les avait fait ériger.

Quel est le plus grand obélisque ?

Le plus grand, qui fut trouvé inachevé dans les carrières d’Assouan, mesure 41,71 m.

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