Vauban, génial bâtisseur de fortifications

Vauban

Vauban révolutionne l’art des fortifications avec des techniques avant-gardistes et économes en hommes. Il modernise l’infanterie avec de nouveaux fusils et l’utilisation de la baïonnette. Sur le plan civil, il contribue à la grandeur de la France avec des réalisations comme le Canal du Midi, les canaux des Flandres…

Sommaire

SÉBASTIEN Le Prestre, marquis de Vauban, d’une famille de petite noblesse de Bourgogne, naît en 1633 à Saint-Léger de Foucherest. À dix-sept ans il s’engage dans l’armée sous les ordres de Condé (le vainqueur de Rocroi) contre les troupes royales de la Fronde. Puis il se rallie à Mazarin et montre une passion telle pour l’art des fortifications qu’il est nommé «ingénieur » du roi en 1655. Il a alors 22 ans.

Distingué par Louvois que son intelligence a séduit, il participe a tous les grands sièges, qu’il dirige directement ou indirectement. Par de nouvelles méthodes d’attaque, il fait tomber successivement les places des Flandres, de la Hollande, Douai, Lille, Maestricht, Cambrai, Valenciennes.

Brigadier des armées du roi en 1 674, il sera, quatre ans plus tard, nommé commissaire général des fortifications et donnera alors la pleine mesure de son génie. Nommé maréchal de France, il justifie l’éloge décerné par ses soldats :

« Place défendue par Vauban, place imprenable; place assiégée par Vauban, place prise. »

Éloge des soldats à Vauban

Physiquement, Vauban est un homme de taille médiocre, assez trapu, d’apparence rude et ayant fort « l’air de guerre ». « Mais jamais, écrit Saint-Simon, il ne fut homme plus doux, plus compatissant, respectueux, sans nulle politesse, et le plus avare ménager de la vie des hommes, avec une valeur qui prenait tout sur soi et donnait tout aux autres. »

Les fortifications Vauban

Vauban dote la France d’une admirable ceinture de places fortes: Landau, Kehl, Huningue, Haguenau, Thionville, Sarre-louis, Longwy, Maubeuge, Dunkerque, Lille, Perpignan, Besançon, Briançon, etc., qui sont les merveilles d’un nouveau système de fortifications.

Techniques défensives

L’ingénieur a compris, en effet, qu’il faut abaisser les remparts, cibles trop voyantes pour l’artillerie, et les ramener au niveau du sol; en même temps il les protège, par leur tracé même, contre les coups d’enfilade, en retarde l’abordage par un savant système d’ouvrages détachés qui éloignent l’adversaire « du corps de place » — son objectif définitif —, l’obligeant à des actions coûteuses, véritables sièges en miniature dont la multiplicité le fatigue, l’use et le démoralise avant l’assaut final.

Techniques offensives

Pour l’attaque des places, Vauban imagine le tir à ricochet, les feux convergents, les projectiles à éclatement; il perfectionne les travaux d’approche et de sape, fait de chaque tranchée parallèle une place d’armes résistante, servant de point d’appui à une offensive et de place de repli aux troupes refoulées par l’assiégeant.

L’État de l’art de Vauban

Grâce à Vauban, cet art de la fortification atteindra son apogée dans ses trois systèmes successifs où l’ingénieur, avec tout son génie bien français, a su mettre l’adresse la plus fine et la science la plus délicate : gracieuses courbes des bastions, lignes pures et sobres des contre-gardes et des tenailles, masse sévère des cavaliers, harmonie étoilée des grands et petits redans, portes majestueuses aux inscriptions lapidaires et aux ornements héraldiques…

De même se présentent, au-dehors, les ouvrages temporaires de l’attaque : arabesques sinueuses des tranchées et des parallèles renforcées de gabionnades enterrées, nids-de-pie, sapes, boyaux et gradins de franchissement en rondins équarris.

Les autres oeuvres de Vauban

En 1693, Vauban dote l’armée du fusil à pierre. À l’extrémité du canon, une pointe d’acier, fixée au moyen d’une douille extérieure, en fait une arme propre à la fois au feu et au choc. L’infanterie, grâce à la baïonnette, est aussi émancipée et méritera bien son surnom de « reine des batailles ».

Louis XIV reconnaît dignement ses services. « L’homme qui prend les villes » est nommé maréchal de camp en 1675, lieutenant général en 1688, maréchal de France en 1705; il reçoit la grande croix de l’ordre de Saint-Louis en 1693, est fait chevalier des ordres du roi en 1705.

Le roi l’admet plusieurs fois à sa table, faveur qui n’est réservée qu’aux gens de grande naissance. Il lui fait des dons importants : diamants, pensions, gratifications et meme, aprés Philippsbourg, en 1688, quatre pièces de canon prises à l’ennemi!

Vauban a dirigé 53 sièges, dont une vingtaine en présence du roi; pendant quarante ans, il a parcouru la France en tous sens, ainsi que les pays voisins, au cours de ses tournées d’inspection des places frontières. De plus, il a exécuté une foule de travaux civils, en particulier le canal de Saint-Omer, les jetées de Honfleur, etc. En vingt ans de mariage, dit-on, il n’a passé que 6 mois avec sa femme.

Le projet de la Dîme royale

La misère du peuple l’émeut profondément, ainsi que les vexations dont il souffre. Pendant vingt ans, il étudie les moyens de porter remède à tant d’injustices nées d’une répartition abusive des charges publiques et de la rapacité des financiers.

En 1707, il publie, sous le manteau, un livre, son Projet d’une Dîme royale, ouvrage dans lequel il propose de remplacer la multitude des taxes existantes par un impôt unique frappant chacun dans une proportion variant du vingtième au dixième de son revenu, selon les besoins de l’État; la Dîme enseigne encore que le souverain doit égale protection à tous ses sujets; que le travail est le principe de toute richesse; que l’agriculture est le travail par excellence; que l’impôt doit frapper avec une égalité proportionnelle les revenus de toute nature; qu’il faut en simplifier les éléments pour réduire les frais de perception; qu’il faut éviter les emprunts; que toutes les entraves apportées au commerce, à l’industrie, sont nuisibles au pays; que la liberté est un bien; que le menu peuple qu’on accable et qu’on méprise est le véritable soutien de l’État.

Vauban a aussitôt contre lui les hommes de finance et les ministres; circonvenu habilement, le roi abandonne son vieux serviteur. Le livre de Vauban est condamné, saisi, une information est ouverte contre son auteur. Consumé de chagrin, le vieux maréchal, depuis longtemps malade et épuisé, meurt le 30 mars 1707, à soixante-quatorze ans.

Son cœur repose sous le dôme des Invalides, temple de la gloire militaire.

FAQ

Où est né Vauban ?

Vauban est né en 1633 a Saint-Léger de Foucherest (Bourgogne)

Quand est mort Vauban ?

Vauban meurt le 30 mars 1707, à soixante-quatorze ans

Pourquoi Vauban est-il connu ?

Vauban est connu pour son art des fortifications, avant gardiste pour l’époque. Il cintre la France d’une ceinture de fort, dote l’armée de nouveaux fusils et de la baïonnette.

Sur le plan civil, Vauban met à contribution ses talents dans les ouvrages tel que le canal de Saint-Omer et les jetées de Honfleur

Quel projet d’impôt unique Vauban propose-t-il ?

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