La science au Moyen Âge

La science au Moyen Âge

Le développement de la science au Moyen Âge connait un essor considérable. Dans les mathématiques avec la découverte du 0, dans la physique avec l’étude des lois de l’hydrostatique et de la pesanteur ou encore la médecine, la chimie avec la pierre philosophale.

Aussi, le monde s’ouvre peu à peu et de nouvelles routes sont tracées. La notion de géographie se développe et bientôt le temps des grandes explorations.

Sommaire

Le Moyen Âge fut une période de grande curiosité scientifique. Nos bibliothèques possèdent, de cette époque, d’innombrables traités de médecine, de mathématiques, d’astronomie, d’alchimie, de géométrie, d’histoire naturelle, en grande partie encore inédits.

Les connaissances qu’ils nous ont apportées sont souvent mêlées de notions de magie ou d’astrologie, de mythes ou de croyances superstitieuses. On mélangeait volontiers, à l’époque, le réel et le poétique, le monde concret et l’imagination.

Cependant, en examinant ces œuvres à fond, on peut faire la part des investigations scientifiques et des manifestations d’une imagination toujours débordante. Le Panorama des sciences au Moyen Âge nous apparaît alors beaucoup plus étendu qu’on ne l’aurait cru tout d’abord, et s’apparente sur bien des points aux connaissances du XXe siècle.

Développement de la science des mathématiques au Moyen Âge

Dans le domaine des mathématiques, une véritable révolution s’opère au Moyen Âge. Alors qu’on avait suivi jusque-là la méthode des Grecs et des Romains, en utilisant des lettres pour exprimer des nombres (par exemple, MCMLXIV — 1964), aux XIe et XIIe siècles, on introduit en Europe les chiffres arabes.

Les mathématiciens se rendent vite compte que les nouveaux symboles, le zéro et le système décimal, ouvrent de nouvelles possibilités au développement de leur science.

En 1202, Léonard de Pise publie le Liber abaci, premier exposé complet du nouveau système qui marque la renaissance des mathématiques en Europe.

On doit au même savant la révélation de l’algèbre et son application aux théorèmes de géométrie.

L’astronomie

Dès lors, les sciences connaissent un grand développement, surtout en astronomie. Au XIIIe siècle, Roger Bacon et Grossetête constatent que le calendrier julien augmente la durée de l’année solaire d’un jour tous les 125 ans; ils préparent la réforme grégorienne.

Le roi Alphonse le Sage fait rédiger les Tables alphonsines des mouvements célestes, la plus importante étude astronomique de l’époque. Nicolas Oresme, évêque de Lisieux, écrit en 1377 un Traité du ciel et du monde où il se montre un précurseur de Copernic et de Galilée.

Ce rayonnement des sciences passionne les esprits. Les universités organisent des « tournois », au cours desquels les savants se posent mutuellement des problèmes. Les rois y assistent quelquefois.

A la découverte du monde

On voyage beaucoup au Moyen Age : même les serfs ont le droit de quitter leur glèbe pour partir en pèlerinage. Les Croisades et les rapports commerciaux avec l’Orient ne font qu’augmenter la curiosité de découvrir de nouveaux pays.

Pour guider les pèlerins et les voyageurs, on trace des cartes et des itinéraires, tandis que les navigateurs préparent des portulans. Cartes maritimes d’une grande exactitude. Il en résulte un important développement de la géographie.

La connaissance du monde s’étend jusqu’en Extrême-Orient, grâce aux Voyages des moines et des commerçants. Au début du XIIe siècle, Benjamin de Tudèle va jusqu’aux Indes.

Cent ans plus tard, Odéric de Pordenone arrive au Tibet. Les frères franciscains Giovanni (Carpini et Guillaume Van Ruysbroeck traversent l’Asie jusqu’à Karakoroum, en mission diplomatique auprès du Grand Khan, et écrivent des récits de voyage d’un grand intérêt.

À la fin du XIIIe siècle, Marco Polo voyage pendant des années à travers tout l’Orient, et laisse un étonnant récit, le Livre des Merveilles, qui ouvrira de nouvelles routes au commerce, suscitera la curiosité et poussera aux grandes explorations; plus tard, Christophe Colomb y puisera l’idée d’atteindre les Indes par l’Occident.

Développement des sciences physique au Moyen Âge

Favorisée par le développement des mathématiques, la physique fait de grands pas au Moyen Age. On étudie les lois de l’hydrostatique et de la pesanteur; on invente des appareils de transmission de la force : la première horloge entièrement mécanique date du début du XIVe siècle.

La boussole est connue des marins européens dès 1205, et les propriétés de l’aimant sont étudiées à fond. Au XIIIe siècle, l’inventeur Pierre Pèlerin essaie même de construire une machine à mouvement perpétuel à l’aide d’aimants.

Le développement de l’architecture gothique est un excellent terrain d’application pour les recherches mécaniques. La répartition des forces dans la croisée d’ogives donne aux cathédrales leur ligne merveilleusement élancée.

L’optique est la branche de la physique qui fait le plus de progrès au Moyen Age : on étudie les lois de la réflexion et de la réfraction, la structure de l’œil, les foyers des miroirs, la fabrication des lentilles. Roger Bacon écrit le Traité de perspective et d’optique, et Salvino d’Amarto invente les premières lunettes.

Au début du XIVe siècle, les occhiali (lunettes) sont déjà utilisés par les gens âgés pour pouvoir lire et écrire.

Développement de la chimie

En cherchant la pierre philosophale, capable de transformer les métaux en or, les alchimistes du Moyen Age favorisèrent d’importantes découvertes dans le domaine de la chimie : la distillation de l’alcool, les acides sulfurique, chlorhydrique et azotique, les sels minéraux, la poudre à canon, etc.

Ces recherches ne restèrent pas dans le domaine des laboratoires, et eurent très vite des applications industrielles : la brasserie de la bière, la teinture des étoffes, la fabrication des émaux, du verre et des cosmétiques, la production de l’eau-de-vie, sont autant de résultats pratiques des découvertes chimiques de l’époque.

L’intuition atomique

Dans certains domaines, les savants intuitions géniales. Raimond Lulle définit la pierre philosophale comme une « huile occulte, pénétrable, bienfaisante et miscible à tous les corps, dont elle augmentera l’effet outre mesure, d’une manière plus secrète qu’aucune au monde » — ce qui peut être considéré comme une prévision de la radio-activité. La transmutation des corps, qui fut le plus grand rêve des alchimistes, est actuellement réalisée par les bombardements d’électrons dans nos laboratoires atomiques.

Des animaux vrais ou fantastiques

La description du monde vivant a profondément intéressé les hommes du Moyen Âge. Mais, au lieu d’en faire une analyse sèche et froide, ils y inclurent toute la poésie de leur imagination.

Les bestiaires, livres qui contiennent les descriptions des animaux, mêlent les êtres les plus familiers aux plus fantastiques. À côté d’un éléphant reproduit exactement, on voit par exemple un dragon ou une licorne.

L’histoire naturelle est surtout une forêt de symboles d’où l’on peut tirer des leçons de morale.

Cela n’empêche pas le sens de l’observation d’être très développé. Frédéric II écrit un traité sur l’Art de chasser avec les oiseaux. Saint Albert le Grand réalise une remarquable classification des plantes, avec une description minutieuse de leur nature. Il fait également des recherches poussées sur les animaux, surtout sur ceux des régions boréales.

Le développement de la science au Moyen Âge dans le domaine médical

Les connaissances médicales des Arabes commencent à se répandre dans l’Occident. À l’école de Salerne, d’abord, et ensuite dans presque toutes les universités, la médecine fait l’objet d’un enseignement régulier; les organes des animaux et les plantes médicinales sont à la base de toutes les thérapeutiques.

La profession de médecin et peu à peu réglementée, et chaque ville d’une certaine importante paye des médecins pour soigner gratuitement les pauvres.

La chirurgie et anesthésie

La chirurgie progresse très rapidement. Roger de Salerne publie, en 1170, le premier traité de chirurgie de l’Occident. Guillaume de Saliceto, professeur de médecine à l’université de Bologne, fait des découvertes remarquables; il est le premier à préconiser l’emploi
du bistouri au lieu de la cautérisation.

L’asepsie est recommandée dans le soin des blessés. Des drogues sont utilisées pour endormir les patients lors des opérations. La plus répandue est une mixture de mandragore, de ciguë et de jus de mûres, appelée « éponge soporifique ».

La médecine trouve d’ailleurs un vaste champ d’application en raison de l’extension des hôpitaux par les ordres religieux.

FAQ

Quelle évolution favorise le développement des mathématiques en Occident ?

L’invention du 0 et la découverte des chiffres arabes.

Quel est l’ancêtre de l’anesthésie ?

L’éponge soporifique, mélange de mandragore, cigüe et jus de mûres.

Comment appelle-t-on le recueil d’animaux à l’époque du Moyen Âge ?

Les bestiaires. Mêlant animaux réels et fantaisistes, ils sont les premières référence en la matière.

Quel objet de la vie quotidienne est inventé par Salvino d’Amarto au Moyen Âge ?

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