Routes et moyens de transport au moyen âge.

Moyen de transport au moyen-âge

Introduction aux moyens de transport et les routes du moyen-âge sont en partie hérités de l’empire romain. Seulement, les préoccupations ne sont plus les mêmes et peu à peu ces ouvrages sont délaissés et oubliés.

LA CITÉ DE PARIS PAVÉE

Il semble que Philippe Auguste ait été l’un des premiers rois de France à avoir entrepris des travaux d’urbanisme à Paris, ainsi qu’en témoigne la Chronique de Saint-Denis :

« Comme le roi s’appuyait à une fenêtre du palais pour regarder la Seine et prendre l’air, des charrettes remuèrent si bien la boue et l’ordure dont les rues étaient pleines qu’une insupportable puanteur s’ensuivit et monta jusqu’au roi. Il se détourna, le coeur chaviré, fit mander le prévôt des marchands et ordonna que toutes les rues et voies de la cité de Paris fussent pavées soigneusement de grès gros et forts. »

DES ROUTES MAL ENTRETENUES ET DES MOYENS DE TRANSPORT INEXISTANTS

Le haut Moyen Age fut l’époque des invasions barbares : la richesse, l’organisation et l’administration romaines avaient disparu, et les conséquences s’en faisaient sentir. Non seulement aucun progrès n’avait été réalisé durant ces siècles, mais bon nombre de connaissances acquises par les anciens se perdaient, et entre autres les techniques de la construction des routes et des véhicules.

LES PIERRES DES ROUTES SERVENT A CONSTRUIRE DES MAISONS

On prétend généralement que le réseau routier de la Gaule était entièrement l’oeuvre de Rome et que, auparavant, il n’aurait existé que de mauvais chemins à peine carrossables. Mais, l’histoire et l’archéologie prouvent que le territoire était déjà équipé de bonnes voies. Comment les troupes de César, si lourdement encombrées de bagages, auraient-elles pu effectuer des marches rapides en tous sens à travers la Gaule si des routes n’y avaient été bien tracées et bien entretenues?

Il est vrai que, au fur et à mesure qu’ils s’implantaient en Gaule, les Romains perfectionnèrent les routes et en créèrent d’autres. Ils ont agi exactement comme les puissances coloniales de l’époque moderne.

Les Romains utilisaient divers types de voitures, les unes légères, les autres plus lourdes; le début du Moyen Age vit disparaitre presque complètement les véhicules destines au moyen de transport des passagers. Le réseau routier s’en ressentit naturellement : on se servit des routes romaines tant qu’elles durèrent, mais par la suite nul ne se préoccupa d’en construire de nouvelles. Des lors, les artères les plus importantes devinrent des pistes méconnaissables; pour indiquer le parcours, on les borda de loin en loin de poteaux indicateurs, afin de pouvoir distinguer les routes des champs avoisinants.

Aux ravages des eaux de pluies et des éboulis s’ajoutait le pillage des pierres qu’on utilisait pour d’autres constructions. La population locale remédiait à ces dégâts en bouchant les plus grands trous avec de la terre, des troncs ou des fagots, mais c’était là une méthode bien insuffisante pour entretenir les routes.

DERNIER CRI DE LA MODE DES MOYENS DE TRANSPORT: LA CHARRETTE

Il faut attendre le XIe siècle pour voir réapparaitre un véhicule ressemblant un peu à une voiture. Ce moyen de transport, on lui donne le nom de « charrette« . Sa caisse repose directement sur les essieux des roues, et les malheureux passagers subissent tous les cahots, car rien ne les atténue. De plus, le train avant n’étant pas pivotant, la voiture ne peut pas braquer.

Affronter un virage un peu raide devenait, des lors, un problème. Malgré tous ces inconvénients, la charrette se répandit très rapidement.

En 1294, Philippe le Bel, préoccupé sans doute par des problèmes de circulation routière, cherche même à en limiter le nombre, ordonnant que « nul bourgeois ne possède charrette » (« Bourgeois », désigne alors les habitants d’un bourg jouissant de privilèges particuliers); seules les dames de l’aristocratie pouvaient en user.

L’origine de la suspension et l’artillerie à l’aide des moyens de transport.

II semble que l’idée de donner une suspension aux voitures soit originaire de Hongrie. Au milieu du XVe siècle environ, le roi Ladislav V, dit le « Posthume », fit présent d’une voiture d’un nouveau modèle, la « Kutsche » (qui a donne « coche ») à la reine de France Marie d’Anjou, femme de Charles VII. Au lieu d’être fixée aux essieux, la caisse y était reliée par des sangles : ainsi les durs cahots s’atténuaient, provoquait un balancement moins rude.

Les chars branlants comme on les appela, eurent beaucoup de succès; parfois les courroies étaient remplacées par des chaines. Pendant longtemps la technique de construction des voitures ne subit pas d’autres modifications. Ce n’est qu’à la fin du XVIe siècle que des ressorts en metal vinrent améliorer considérablement la suspension. Cette idée, excellente, fut toutefois difficile à mettre en pratique : en effet, les aciers n’étaient pas assez élastiques, et les ressorts se brisaient facilement.

Pour remédier à cet inconvénient, il fallut attendre les grands progrès de l’industrie métallurgique.

La forme des roues se modifia aussi, grâce surtout à l’expérience acquise par l’artillerie qui utilisait la roue pour soutenir l’affut du canon.

Ainsi furent construites les premières roues clochées et les roues à moyeux inclines, qui résistaient solidement aux heurts et aux efforts.

Sources

Jean Marie Borghino

Encyclopédie Larousse