Les îles de l’Atlantique en France

Îles de l'Atlantique coté France

Parmis les îles de l’Atlantique on trouve l’île de Noirmoutier, l’île d’Yeu, l’île Madame mais aussi l’île de Ré, l’île d’Aix et l’île d’Oléron.

Sommaire

De l’embouchure de la Loire a la Gironde, six îles, peu éloignées du rivage, généralement basses, offrent entre elles bien des ressemblances : climat déjà méridional et ensoleillé, cultures de légumes, bois de pins et de chênes verts, villages aux maisons blanchies à la chaux, vieux châteaux et anciennes églises, petits ports où viennent s’abriter sardiniers et thoniers.

Ces îles de l’Atlantique sont les îles de Noirmoutier, d’Yeu, Madame, d’Aix, de Ré et d’Oléron.

Noirmoutier, l’île au double visage

Île de Noirmoutier
Île de Noirmoutier

Nommée jadis « Her-Moutier » — ce qui signifie, en celte, Monastère de Her — c’est «l’île au double visage»: «un gigot, dont le chef-lieu occupe le gîte à la noix », selon l’expression de Viaud-Grand-Marais, l’historien des îles.

En effet, tandis que le sud — le « manche» — n’est qu’un cordon de dunes qui peu à peu s’élargit sous l’apport des vases et des sables, le nord, «corps» jadis énorme, à fleur d’eau, ne cesse de diminuer de surface.

L’histoire de Noirmoutier a été très mouvementée: dévastée par les Normands, envahie successivement par les Anglais, les Espagnols, les Hollandais, elle est vendue par Condé à Louis XV et, pour une
courte période, connaît le calme. Hélas, pendant la Révolution, le sang coule à nouveau; « Bleus » républicains et « Blancs » royalistes se massacrent à tour de rôle.

Aujourd’hui, de ce belliqueux passé, l’île conserve un des plus anciens châteaux de France : si la construction actuelle, avec ses toits pointus, date du XVe siècle, sa fondation remonte à 830. Grâce à son climat déjà méridional, la culture des légumes (asperges, pommes de terre précoces, fèves) constitue une ressource appréciable à laquelle s’ajoute le revenu de la pêche.

Noirmoutier, rattachée au continent par un pont depuis juillet 1971, compte 8000 habitants sédentaires. L’été, plus de 120 000 estivants s’installent sur sa mince bande de terre de 12 km de long et de 6 km dans sa partie la plus large.

L’île d’Yeu, «un grain échappé au rosaire des îles bretonnes »

île d'Yeu
Île d’Yeu

Parmi les îles de l’Atlantique, aux yeux de l’audacieux qui a accepté une traversée, souvent mouvementée, à bord du petit bateau qui assure chaque jour le service de l’île, Yeu offre son petit territoire (10 km sur 3) plein de contrastes. La Bretagne y est encore présente dans la côte sauvage tournée vers le large, dans les falaises de granit, dans les noms typiques de ses villages: Ker Borny, Ker Bossy, Ker Chalon (Ker signifiant « maison »).

Mais la luminosité du ciel, la blancheur des maisons passées à la chaux sont bien caractéristiques des paysages vendéens.

Le centre principal est le petit bourg de Port-Bréton (ou Port- Joinville); aux quais viennent accoster sardiniers, thoniers et ramasseurs de homards. De là, on peut se rendre facilement, à travers la lande, à la Vieille église Saint-Sauveur, à la citadelle dans laquelle fut emprisonné, en 1945, le maréchal Pétain, ou encore, sur la côte sud, au petit port de la Meule, «bénitier de granit» niché au creux de la falaise et dominé par le vieux château fort démantelé et romantique des seigneurs de La Granache.

L’île Madame, nommée un temps « l’île Citoyenne »

Île Madame
Île Madame

Située à l’embouchure de la Charente, c’est la plus petite des « îles d’Ouest ». Pauvre et désolé, ce véritable « ponton » (1 km sur 600 m) a une sombre renommée pour avoir servi, pendant la Terreur, de camp de déportation pour les prêtres réfractaires qui y moururent en grand nombre.

L’île d’Aix, refuge de Napoléon

Île d'Aix
Île d’Aix

Parmi les îles de l’Atlantique, l’île d’Aix figure comme étant chargée d’histoire. Bien petite elle aussi, et située à peu de distance de la précédente, elle connut également sa tragédie. Napoléon vint s’y réfugier après les Cent-Jours; c’est de la maison du commandant de la place qu’il adressa sa lettre aux Anglais pour annoncer qu’il «se mettait SOUS leur protection ». Le 15 juillet, l’Empereur quittait la jetée du petit port pour se rendre à bord du « Bellérophon ».

Sur la maison (aujourd’hui musée) qu’habita l’Empereur, le fronton a été gravé et on peut lire:

« À la mémoire de notre immortel empereur Napoléon Ier, 15 juillet 1815.

Tout fut sublime en lui, sa gloire, ses revers,

Et son nom respecté plane sur l’univers. »

L’île de Ré, l’«île Blanche »

ile de ré
île de Ré

Très plate, puisque son point culminant n’atteint pas dix mètres, toute proche du continent dont 2 km à peine la séparent, l’île, très allongée, a approximativement la forme d’un gros insecte dont l’«abdomen» et le «corselet» ne sont reliés que par un isthme large d’une centaine de mètres à peine.

Son histoire, comme celle des autres îles (d’Ouest) de l’Atlantique , a été mouvementée, Anglais et Français n’ont cessé de se la disputer. L’épisode le plus célèbre se situe lors de la guerre menée par Richelieu contre les protestants de La Rochelle: la défense de l’île était assurée par le gouverneur Toiras qui, avec une poignée d’hommes, tint tête à la flotte anglaise de Buckingham, jusqu’à ce qu’il fut secouru par les troupes de Schomberg (1625). Le petit territoire connut sa période de grandeur sous le règne de Louis XIV, qui le fit fortifier par Vauban.

Par la suite sa renommée fut plus sinistre, puisque c’était dans sa citadelle que les forçats, avant la suppression du bagne de la Guyane, attendaient leur départ pour Cayenne.

Malgré son climat ensoleillé et sa « douceur fraîche », l’île, à cause de son sol peu fertile, est assez pauvre; les landes, les bois et les marais salants l’emportent encore sur les cultures de légumes et la vigne; cependant elle produit un vin agréable, bien qu’un peu âpre. Pour apprécier son charme, il faut se promener en espérant rencontrer un des derniers ânes encore vêtus de curieuses culottes de toile rayée ou à carreaux, maintenues par des bretelles, et coiffés d’un chapeau de jardinier, qu’on leur mettait autrefois pour les protéger des insectes.

Saint-Martin-de-Ré, fier de ses remparts construits par Vauban et des restes imposants de son église gothique, est la capitale historique. Ars, avec ses rues si étroites qu’on a dû couper les angles pour laisser passer les charrettes, est dominé par le curieux clocher de l’église Saint-Étienne, noir dans sa partie haute et blanc en bas.

Oléron, l’«île des parfums »

Île d'Oléron
Île d’Oléron

Pour retenir l’enchanteur Merlin, la fée Mélusine créa, à son intention, une «île parfumée par les pins et les mimosas, entourée d’une mer douce comme ses bras, frangée de sables d’or comme sa chevelure et baignant dans un air lumineux et pur sous un ciel d’azur, reflet de ses yeux bleus».

C’est ainsi que naquit Oléron, d’après la légende.

Les Romains appelaient Oléron «insula Olerum » (île des parfums), ce qui semble justifier la légende. Les maisons sont basses et blanches, ses rivages sont bordés de sable fin, ses dunes sont couvertes de fleurs marines et encadrées de forêts de pins et de chênes verts. Le mimosa y fleurit en février tant est doux son climat.

Extrémité des couches calcaires des Charentes, Oléron « colle » véritablement au continent dont elle n’est séparée, à marée basse, que par un étroit chenal de 200 à 300 mètres de large. Oléron fut, au Moyen Age, la terreur des navigateurs car, lorsqu’un bateau se perdait sur ses rochers, les naufragés étaient certains d’être assassinés et dépouillés par les habitants de l’île, bien que, sous le règne d’Aliénor d’Aquitaine, au XIIe siècle, aient été rédigés les « jugements d’Oléron» qui punissaient de mort les naufrageurs.

Par la suite, l’île connut bien des heures tragiques pendant les guerres de Religion et en 1945, au moment de la Libération.

Aujourd’hui, Oléron vit tranquillement de son vignoble — dont le produit sert à la fabrication du cognac —, de la culture du blé, de la pêche à la sardine, de l’ostréiculture et du tourisme.

L’île possède un grand nombre de lieux pittoresques et appréciés des touristes. Saint-Trojan, grâce à son climat et à sa plage, est une station balnéaire fréquentée; Saint-Pierre, dominé par l’étrange clocher octogonal de son église et sa curieuse lanterne des morts, est le centre du vignoble, tandis que le château, petit bourg fortifié, et Ors sont les centres de l’ostréiculture.

Parmi les îles de l’Atlantique, le charme d’Oléron a souvent tenté les poètes. Victor Hugo y séjournait lorsqu’il apprit le grand malheur qui le frappait : la noyade de sa fille, dans la Seine, près de Villequier. Pierre Loti, auteur de Pécheurs d’Islande, voulut y être enterré et repose aujourd’hui à Saint-Pierre, dans le jardin de la maison des Aïeules.

Depuis 1966, un viaduc de 3 km relie Oléron au continent. Il remplace les bacs qui, pendant des générations, ont assuré le transport des voitures et des passagers.

FAQ

Quelle île abrita Napoléon après les Cent jours ?

L’île d’Aix, refuge de Napoléon

Quelle île participa au Siège de la Rochelle ?

L’île de Ré, l’«île Blanche »

Quelle île fut un camp de déportation pendant la Terreur ?

L’île Madame, nommée un temps « l’île Citoyenne »

Quelle île appartient à Condé avant d’être vendu à Louis XV ?

Noirmoutier, l’île au double visage

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